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Babylone et ses secrets Empty Babylone et ses secrets

Ven 4 Oct - 16:28
Histoire Secrète
Le passé de notre humanité avec ses mystères et ses secrets


Babylone et ses secrets
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Un repositionnement historique et géographique s'impose avant d'aborder les secrets et mystères de cette ville et culture.

Ancienne ville de Mésopotamie  fondée au IIIème millénaire sur l'Euphrate par les Akkadiens . 
C'est vers 2225 qu'émerge la première dynastie babylonienne avec le déclin de la civilisation sumérienne.
La religion babylonienne est l'héritage des anciennes traditions sumeriennes et Akkadiennes mais une divinité propre à Babylone va peu à peu dominer : Marduk 
Mais ce n'est vers 1750 av JC que la ville de Babybolne  prend une réelle importance sous le règne d' Hammourabi

Centre de la civilisation assyro-babylonienne, elle fut la ville la plus peuplée et la plus riche du monde ancien avant de voir ensuite s'installer de nombreux envahisseurs successifs : Hittites, Kassites, Elamites et Assyriens

Détruite puis reconstruite par les Chaldéens, il faudra attendre le règne de Nabuchodonosor II vers 650 av JC pour qu'elle retrouve de sa splendeur passée.  Aujourd'hui, Babylone serait située au sud de l'Iraq.


Les différetentes periodes Babyloniennes

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Babylonien ancien (env. 2225 - 1595)
Au début du IIème millénaire de nombreuses cités voient le jour : Mari, Iamhad (Alep) et Assour, qui plus tard donnera son nom à l'Assyrie.
La gloire de Babylone fut établie par Hammourabi, roi de 1792 à 1750, mais le pouvoir babylonien commença à décliner quelques années après sa mort tandis que les Hittites, venus de Thrace qui avaient installé un puissant royaume en Anatolie ravagèrent Babylone en 1595 mettant fin à sa dynastie. S'ensuivit une longue période obscure qui dura presque 2 siècles.

Babylonien Kassite (1595 - 1154)     
 Black out de deux siècles pou Babylone sous gouernance d'une dynastie kassite.On sait très peu de choses sur les kassites, on ne connait pas plus d'une centaine de mots de leur langue, car ils utilisaient le sumérien pour leurs inscriptions et le babylonien pour les autres documents tandis que leur panthéon était un mélange éclectique de divinités proche-orientales. Malgré tout, la légitimité de leur dynastie était reconnue par les babyloniens, les rois kassites étant "rois de babylonie".
 La dynastie kassite tomba en 1154 à la suite d'une invasion Elamite     
     
Babylonien Chaldeen (1154 - 625) - Periode Néo Bayblonienne
 Période également appelée néo-babylonie.  C'est Nabuchodonosor Ier (1125-1104) qui rend son prestige à Babylone en conduisant plusieurs campagnes contre ses voisins, et surtout l' Elam qui perd son hégémonie. Peu de temps après, les Assyriens occupent Babylone, mais Nabopolossar prendra le dessus en détruisant toutes les villes assyriennes et fonde la dynastie chaldéenne.     

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Détruite puis reconstruite par les Chaldéens  il faudra attendre le règne de Nabuchodonosor II  vers 650 pour qu'elle retrouve de sa splendeur passée. À cette époque, elle couvre une surface d'environ 975 hectares : c'est la plus vaste ville de la Mésopotamie antique.

La chute de la Babylone antique
Elle va connaitre ensuite un nouveau cycle de declin politique , d'invasions ( perses, Alexandre le Grand, Parthes etc....)
La fin de la Babylone antique (wikipedia)

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Les Parthes arsacides prennent le pouvoir en Babylonie entre 141 et 122 av JC. Babylone poursuit son déclin, mais reste le conservatoire de la civilisation mésopotamienne antique, et c’est de l’Esagil que provient le dernier document écrit en cunéiforme, une tablette astrologique de 67 apres JC. Pline l' ancien écrit vers la même époque que le temple continue à être actif, bien que la cité soit en ruines. Il semble que la population urbaine abandonne définitivement le site au II eme siècle. À l'emplacement de la ville s'installent des agriculteurs qui utilisent les briques de la Ziggourat pour enrichir leurs terres et plantent des palmeraies au cœur de l'ancien quartier commercial. Désormais Babylone est reléguée au rang de mythe... jusqu' à la redecouverte par des archéologues allemands à la fin du XIX eme siècle.

Les ruines de Babylone - Actuelement Sud de l'actuelle Bagdad (Irak)

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Ven 4 Oct - 17:34
Avant Babylone

La plus ancienne référence textuelle évoquant Babylone remonte à l’époque des dynasties archaïques de Sumer ; en akkadien ancien, le gouverneur d’un lieu appelé Bar-bar (retranscription phonétique de Ba(b)bar ou Ba(b)bal, probable écriture ancienne de Babylone) se décrit comme le constructeur du temple du dieu Marduk.

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Vers 2500 avant J.-C., il existait donc vraisemblablement une ville, siège d’une principauté, peuplée par des Akkadiens ; nous n’en savons pas plus, puisque ces niveaux anciens de Babylone sont inaccessibles aux fouilles archéologiques. Ce temple dont il est question était probablement situé sur la rive Est, la rive gauche de l’Euphrate, lieu des ruines actuelles ; c’est là que furent retrouvés les vestiges d’Esagil (le temple de Marduk) de l’époque néo-babylonienne ; la localisation privilégiée d’Esagil et le poids de la tradition permettent de penser que ce premier temple de Marduk devait se trouver en dessous ou tout proche.

Le nom de Babylone apparaît trois cents ans plus tard, sur une tablette d’argile, écrit par les idéogrammes sumériens KÁ.DINGIR.KI, à lire en akkadien : bāb-ilu ou bāb-ilim : ce qui signifie « Porte de dieu/des dieux ».

Dans ce document, il est question de la construction de deux temples à Babylone, temples jumeaux, faisant partie d’un même ensemble, dédiés à deux divinités guerrières, Anunîtum fille du dieu-Lune, et le dieu akkadien Il-aba : « Année dans laquelle Sharkalisharri posa les fondations du temple d’Anunîtum et du temple d’Il-Aba, à Babylone... ».

Cent ans après, à l’époque de la IIIe Dynastie d’Ur (l’empire sumérien d’Ur III) –entre 2100 et 2000 avant J.-C. environ-, nos informations sur la ville deviennent plus nombreuses sans être cependant très abondantes. Des documents administratifs mentionnent Babylone, siège d’un gouverneur de l’empire d’Ur ; les fonctionnaires portent des noms akkadiens et appartiennent à l’aristocratie locale. Capitale provinciale, Babylone verse des offrandes au temple de Nippur, le sanctuaire fédéral de Sumer, dédié au dieu Enlil, le roi des dieux.

Après la chute d’Ur, on ne connaît presque rien de Babylone pendant cent ans (de 2000 et 1890 avant J.C.). La situation politique en Mésopotamie, à la fin du XXe siècle avant J.C., est marquée par un affaiblissement de la force et des influences politiques de la dynastie d’Isin ; certains chefs de tribus amorrites sédentarisées tirent avantage de la situation et se saisissent des villes de la Babylonie du nord ; le chef de l’un de ces groupes, Sumu-la-El, prend possession de Babylone en -1894 ; c’est probablement son successeur , qui fonda, vers -1880, la première dynastie de Babylone.

Les grands souverains d’Akkad, Sargon et Naram-Sin, son petit-fils, allaient rester les modèles ultérieurs du roi héroïque. La représentation de Naram-Sin, à la tête de ses troupes, lors de sa victoire contre les montagnards du Zagros sur sa stèle de victoire, inspira l’attitude et le costume militaire des souverains conquérants ultérieurs : un vêtement court avec un long pan tombant. Les stèles de victoire royales paléo-babyloniennes sont inspirées de l’héroïsme de l’Empire d’Akkad et la position des bras et des armes du roi d’Akkad est la même que celles du roi héros guerrier représenté sur les sceaux paléo-babyloniens.

L’iconographie du roi dans l’exercice de ses fonctions officielles remonte à l’époque de la renaissance sumérienne de la IIIe dynastie d’Ur. Si l’attitude de respect et d’attention à la divinité existe de toute antiquité, le vêtement long et drapé, ouvert sur le devant et laissant l’épaule gauche découverte, fut imposé dans l’iconographie royale à la fin du IIIe millénaire. Il est porté par le prince Gudéa de Lagash (vers 2120 avant J—C.) , qui fut un modèle du souverain sage et pacifique. Le souverain porte sur la tête une sorte de bonnet à large bandeau, posé bas sur le front. Ce costume – manteau long et couvre-chef - caractérise la pérennité de la fonction royale mésopotamienne.

D’autres modèles relèvent de l’iconographie sumérienne liée à une fonction royale essentielle : celle du roi bâtisseur et l’on peut y voir l’origine du motif des insignes du pouvoir : le bâton et le cercle qui occupe le centre du bas-relief figuré au sommet du « Code de Hammurabi ». A la fin du IIIe millénaire, Gudea porte, comme des éléments essentiels de la cérémonie de fondation des temples, un piquet de bois et une corde d’arpentage enroulée.

Ces mêmes instruments sont transmis au roi par la divinité - dans une iconographie dont s’inspirera le sculpteur de la scène figurée au sommet du code de Hammurabi -, sur une grande stèle de calcaire, érigée par un roi de la troisième dynastie d’Ur. On y voit le dieu d’Ur, la Lune: Nanna/Sin, assis sur son trône, portant dans la main gauche un instrument utilisé pour creuser la terre lors des fondations, une sorte de houe ou d’herminette. Il tient, dans la main droite, un bâton ou piquet et une corde serrée et enroulée formant un cercle. Il tend ces instruments au roi, reconnaissable à son bonnet et à au vêtement, représenté en train de faire une libation. La barbe longue apparaît alors comme signe distinctif du pouvoir. Le roi Ur-Namma, le fondateur de l’empire d’Ur III, le dernier royaume sumérien, et qui est très probablement le souverain qui a dédié cette stèle où il est représenté lors de la construction du temple et de la ziqqurat d’Ur, fut l'auteur du plus ancien "Code", ou grand recueil juridique connu, préfigurant donc de plus de deux cents ans celui de Hammurabi.

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Sur le sommet d’une stèle cintrée, en calcaire, dont le traitement stylistique et iconographique permettent de dater la sculpture de la fin du IIIe ou du tout début du IIe millénaire, la scène conservée est de nature semblable à celle qui est figurée sur la stèle d’Ur-Namma d’Ur, qui dépeint le roi versant une libation devant un dieu assis ; la plante arrosée est un palmier ; le dieu est vraisemblablement le dieu-Soleil dont le disque radié domine la scène. Il tient le bâton et le cercle, mais il ne s’agit plus d’une représentation réaliste d’un piquet et d’une corde mais une baguette et un cercle, un anneau, tels qu’ils sont représentés au sommet du Code, en tant qu’insignes du pouvoir. Le rituel de libation évoque le roi dans son rôle de garant du maintien de la fertilité du pays. La composition générale de la scène, proche de celle qui orne le sommet du Code de Hammurabi, et l’association du roi et du Soleil, suggèrent qu’il pourrait s’agir d’un monument en relation avec l’administration de la justice, tel un modèle iconographique et peut-être littéraire pour la stèle des lois de Hammurabi.

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"
Chronique des rois anciens " mentionnant la haute antiquité de Babylone (tablette A)
Tablette d'argile
H. : 8,5 cm ; l. : 5,8 cm
Copie d'époque babylonienne tardive d’un texte probablement rédigé à la fin du IIe millénaire avant J.-C.
Londres, British Museum, BM 26472 - © The Trustees of The British Museum

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Statue de prince sumérien : Gudea ( ?)
Diorite
Epoque néo-sumérienne : fin du IIIe millénaire av. J.-C.
Tello, ancienne Girsu ( ?), Basse Mésopotamie (Irak)
H. : 70 cm ; L. base : 22, 4 cm
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales, AO 29155 - © Photo RMN / Hervé Lewandowski


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Fragment de stèle sumérienne : la « stèle d’Ur-Namma » d'Ur
Bas-relief sur calcaire
H. : 1,05 m ; L. : 71,8 cm ; ép. : 11 cm (stèle complète : H. : 3,20 m ; L. : 1,52 m)
Epoque de la IIIe dynastie d’Ur, XXIe siècle av. J.C., 
Ur, Mésopotamie (Irak). Trouvée en 1925 par Leonard Woolley
Philadelphie, University of Pennsylvania Museum of Archaeology and Anthropology, CBS 16676-14 - © University of Pennsylvania, Museum of Archaeology and Anthropology, Philadelphia


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Sommet d’une stèle cintrée figurant un souverain faisant une libation devant un dieu (probablement Shamash)
Calcaire
H. : 75 cm ; L. : 62 cm ; ép. : 15 cm
Fin IIIe-début IIe millénaire
Suse. Fouilles Jacques de Morgan sur l’Acropole, 1898. Butin provenant de Mésopotamie : Sippar (?)
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales, Sb 7 - © Photo RMN / Christian Larrieu


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Ven 4 Oct - 17:35
Hammurabi et la première dynastie

Lorsque Hammurabi devient roi en 1792, Babylone est une puissance moyenne entourée par trois ensembles politiques plus forts qu'elle: les royaumes de Larsa, d'Eshnunna et de Haute Mésopotamie.

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Sommet de la Stèle représentant le Roi Hammurabi devant le Dieu Akkadien
Shamash Dieu-Soleil dans le panthéon mésopotamien. Il correspond au Dieu Sumérien Utu.

Au sud-est s'étend le royaume de Larsa, qui a connu une fortune considérable depuis sa création par les chefs d'une tribu amorrite au début du deuxième millénaire, après la chute de la IIIe dynastie d'Ur (- 2002). Le dernier roi de Larsa, Rim-Sin, vainqueur d'Uruk, a annexé le royaume d'Isin (- 1794), reconstituant ainsi l'unité politique de Sumer. Hammurabi, après un raid sur Isin et Uruk en 1784, comprend qu'il n’a pas la puissance militaire suffisante pour remporter un succès décisif sur Rim-Sin : il attendit vingt ans.

Au nord-est, la vallée de la Diyala, trait d'union entre la plaine mésopotamienne et le plateau iranien riche en matières premières, constitue la colonne vertébrale du royaume d'Eshnunna qui connut une expansion considérable aux XXe et XIXe siècles.

Au nord-ouest, la Haute-Mésopotamie a été unifiée par Samsi-Addu, originaire d'Agadé (Akkad) ; il remonte la vallée du Tigre, s'installe à Ekallatum, puis annexe Assur (- 1807) et toute la région du triangle du Habur. Il s'établit alors à Shehna, qu'il renomma Shubat-Enlil (Tell Leilan) et finit par conquérir le royaume de Mari sur le Moyen-Euphrate (vers - 1792).

Au-delà de ces trois voisins, d'autres puissances considérables occupent le Proche-Orient et jouent un rôle non négligable dans le destin de Babylone, la Syrie occidentale et l'Iran.
Pendant les dix-huit premières années de son règne, Hammurabi gère la Babylonie héritée de son père. A la mort de Samsi-Addu en 1775, les royaumes qu'il avait annexés reprirent leur indépendance. Zimri-Lim s'installe à Mari. Dans un premier temps, le principal bénéficiaire du démembrement de l'empire de Samsi-Addu fut Eshnunna. Son roi manifesta sa volonté de domination au point que le puissant empereur d'Elam décida au bout de quelques années d'envahir la Mésopotamie. Les rois de Mari et de Babylone lui prêtèrent main-forte, trop heureux de contribuer à la chute de leur remuant voisin : Eshnunna tombe en 1765. Mais la brutalité de l'empereur élamite convainc Hammurabi de faire volte-face en s'opposant à lui avec le soutien des rois de Mari et d'Alep.

Hammurabi s’oppose alors au roi de Larsa, Rim-Sin. Le royaume de Babylone annexe le royaume de Larsa et devient la plus grande puissance de la région. Hammurabi force les rois locaux de la région du Djebel Sindjar à se soumettre, puis il obtient une victoire décisive sur le roi d'Eshnunna (- 1760). L'année suivante, les troupes babyloniennes envahissent le royaume de Mari : après quelque mois d'occupation, le palais, vidé de ses trésors, fut livré aux flammes et la ville abandonnée (- 1757).

Dès lors, le Proche-Orient est divisé en deux zones d'influence: Alep à l'ouest et Babylone à l'est. Hammurabi agrandit sa zone d'influence vers le nord ; dans le prologue de son Code il dit contrôler Ninive et Assur. A sa mort en 1750, il légue à son fils Samsu-iluna un immense royaume, qui s'étend du Golfe au Moyen-Euphrate et au Moyen-Tigre. Les descendants de Samsu-iluna réussissent à garder plus ou moins le contrôle de la vallée du Moyen Euphrate jusqu'à Terqa, mais la diminution de leur territoire et des problèmes chroniques d'alimentation en eau rendent l'économie du royaume très précaire. Des mercenaires originaires du Zagros, les Kassites, prennent de l'importance dans l'armée et ils finissent par occuper le trône après un raid du roi hittite Mursili Ier qui mis fin au règne de Samsu-ditana peu après 1600.

Dès le début de son règne, Hammurabi prend grand soin à embellir et à meubler les différents temples de Babylone pour lesquels il fait fabriquer des trônes, des statues divines et royales, des emblèmes et chars de procession en métaux et pierres précieuses.

Il est probable que la ziggurat – la tour à étages du sanctuaire de Marduk à Babylone - ait existé au temps de Hammurabi, puisqu’il y en avait une associée au sanctuaire du Soleil à Sippar et dans d’autres villes de Babylonie. Nous en avons peut-être une mention indirecte dans le “ code ” (Epilogue rev. XXIV, 67-69) : Babylone, la ville dont Anu(m) et Enlil ont haussé la tête, dans l’Esagil, le temple dont les fondements sont aussi solides que ceux du ciel et de la terre ”. Esagil est le temple de Marduk ; la mention des fondements aussi solides que ceux du ciel et de la terre, peut faire allusion à l’autre grand monument du sanctuaire de Marduk, la ziggurat, dont le nom Etemenanki signifie “ maison qui est le fondement du ciel et de la terre ”.

Hammurabi exécute de grands travaux en dehors de la capitale : canaux ou murailles de villes et restauration des temples principaux de Babylonie, notamment à Sippar où il aime résider et prendre les oracles de Shamash.

En l’an 34, le fils de Hammurabi, Samsu-iluna (1749-1712)  construit un nouveau palais impérial sans que l’on sache exactement ni son emplacement ni s’il s’agit d’une construction nouvelle ou d’un réaménagement et agrandissement du palais royal de ses ancêtres. L’ancien palais devait être devenu trop petit et servait sans doute de centre administratif.

C’est sous le règne d’Ammi-ditana (1683-1647) qu’est mentionné pour la première fois le mur de Babylone. Les murs d'enceinte étaient placés sous protection divine et même divinisés pour rendre leur protection plus efficace. Celui-là porte un nom ancien de Marduk, Asalluhi. Ce nom est formulé comme une malédiction, dans le but de terrifier l’ennemi qui envisagerait de le détruire. Il se peut que le mur de Babylone ait alors presque atteint le tracé que nous connaissons pour la fin du IIe millénaire et l’époque néo-babylonienne. Ammi-ditana se construisit également un nouveau palais - à moins qu’il ne s’agisse d’une reconstruction du palais mentionné par Samsu-iluna. Il développa une grande activité intellectuelle à Babylone. Plusieurs compositions majeures de la littérature mésopotamienne sont connues par des tablettes écrites sous son règne, dont un hymne à Ishtar. Samsu-ditana (1625-1595), le dernier roi de la première dynastie de Babylone régna sur un royaume restreint qui allait s’écrouler à la fin de son règne ; on ne mentionne aucune construction au cours de son règne.

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Tablette : Liste des formules de datation des 43 années de règne de Hammurabi de Babylone (1792-1750 av. J.-C.)
Tablette d’argile
H. : 12,7 cm ; l. : 6 cm ; ép. : 2,8 cm
Epoque paléo-babylonienne, XVIIIe siècle av. J.-C.
Babylonie, Mésopotamie
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales, AO 7664 - © Photo RMN / Franck Raux


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L
ois de Lipit-Eshtar, roi d’Isin
Tablette d’argile
H. : 15,2 cm ; l. : 14,6 cm ; ép. : 3,8 cm
Epoque paléo-babylonienne, Première dynastie d’Isin, vers 1930 avant J.-C.
Nippur. Fouilles de l’Université de Chicago
Philadelphie, University of Pennsylvania Museum, UM 29-16-55 - © University of Pennsylvania, Museum of Archaeology and Anthropology, Philadelphia


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Stèle : « Code de Hammurabi »
Basalte (inscription gravée en akkadien)
H. : 2,25 m ; l. : 70 cm ; ép. : 47 cm
Epoque paléo-babylonienne : fin du règne de Hammurabi, XVIIIe siècle avant J.-C.
Trouvée à Suse en trois morceaux, sur l’ Acropole, en décembre 1901- janvier 1902 par Jacques de Morgan. Butin de Mésopotamie (probablement Sippar).
Paris, Musée du Louvre, département des Antiquités


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Le Roi guerrier : fragment de stèle de victoire, dite « Stèle de Mardin »
Basalte
H. : 49 cm ; L. : 55 cm ; ép. : 16 cm 
Epoque paléo-babylonienne, début du XVIIIe siècle av. J.-C.
Mésopotamie du nord. Acq. Scheil, Mossul, 1896 comme provenant de la région du Sinjar (Mardin, Irak)
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales, AO 2776 - © Photo RMN / Jérôme Galland


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Statuette dite “ L’Adorant de Larsa ”, vouée au dieu Amurru pour la vie de Hammurabi
Cuivre partiellement plaqué d’or
H. : 19,6 cm ; L. : 14,8 cm ; l. : 7 cm
Epoque paléo babylonienne, vers 1760 av.J.-C.
Probablement Larsa ; acquis à Bagdad 1931-32
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales, AO 15704 - © Photo RMN / Franck Raux


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Tête de divinité
Terre cuite modelée
H. : 10,8 cm ; l. : 6,4 cm ; 5,7 cm
Début du IIe millénaire av. J.-C.
Tello, ancienne Girsu (Mésopotamie, Irak) ; fouilles Gaston Cros 1904, retrouvée dans un vase au Tell H.
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales, AO 4353 - © Photo RMN / Franck Raux


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Plaque à décor en relief dite “ La Reine de la nuit ”
Plaque de terre cuite à décor moulé en haut-relief
H. : 49,5 cm ; l. : 37 cm ; ép. : 4,8 cm
Epoque paléo-babylonienne, début du IIe millénaire av. J.-C, règne de Hammurabi ( ?)
Babylonie
Londres, British Museum, Department of Ancient Near East, ANE 2003-7-18-1 - © The Trustees of The British Museum


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Ven 4 Oct - 17:35
L'époque médiobabylonienne

les Kassites (Les Kassites (ou Cassite, en Akkadien : kaššū)

Vers 1595, après un raid des Hittites venus d’Anatolie, les premiers rois de Babylone dont nous avons mention appartiennent à la dynastie kassite.

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Les Kassites – peuple tribal d’origine inconnue, présent en faible nombre dans le pays au moins depuis le règne du fils de Hammurabi, Samsu-Iluna (1749-1712) – sont devenus un peuple de soldats et d’ouvriers agricoles tranquilles après s’être comportés dans un premier temps en ennemis. Les Kassites règnent sur Babylone pendant plus de 400 ans. Les inscriptions officielles ne mentionnent le plus souvent que la construction de temples et de palais et des dédicaces aux dieux auxquels les édifices étaient consacrés. A Babylone même, les traces archéologiques de la période kassite sont rares. Leur histoire militaire n’est connue qu’au travers de quelques références dans des documents épars, et ce sont essentiellement les archives de pays étrangers qui nous renseignent sur l’histoire de leurs relations internationales.

Nous savons peu de chose des débuts de la dynastie kassite. Son règne semble s’être limité au nord et au centre de la Babylonie jusque vers 1475 av. J.-C., date à laquelle le sud du pays passa sous l’autorité du prince Ulam-Buriash – frère du roi Kashtiliashu III – , qui se donna le titre de « roi du Pays de la mer » (rien ne prouve qu’il ait régné sur Babylone même). L’unification politique qui s’ensuit en Babylonie met fin aux rivalités entre les cités-états et donne naissance à un modèle politique, qui subsiste tant que dure l’indépendance du royaume. La stabilité politique du pays se trouve en outre renforcée par le maintien du pouvoir royal entre les mains d’une seule et même famille pendant plus de 200 ans et une supériorité militaire par rapport aux pays limitrophes, accrue grâce à des innovations dans le domaine du charronnage et un traditionnel savoir-faire dans l’élevage des chevaux, deux facteurs cruciaux dans l’art de la guerre à la fin de l’Âge du Bronze. Les Kassites créent en outre, pour l’administration et l’imposition des provinces, un système hiérarchique qui perdure, moyennant quelques changements mineurs, plus de 800 ans.

Après des débuts obscurs, la dynastie kassite connaît vers 1400 av. J.-C. un rayonnement international. Les rois kassites établissent des relations diplomatiques avec l’Égypte, le Hatti (en Anatolie), l’Assyrie et l’Élam, et renforcent ces liens en arrangeant des mariages avec les autres familles royales. La Babylonie fait partie d’un vaste réseau commercial qui s’étend de la mer Égée à l’Afghanistan et au sud du Golfe persique. Les textiles, chevaux et chars babyloniens sont vendus à l’ouest de même que des articles de luxe en transit comme le lapis-lazuli. Les marchands babyloniens se rendent dans toute la Syrie et la Palestine, et des sceaux-cylindres babyloniens parviennent jusqu’à Thèbes en Grèce. Des métaux précieux – et tout particulièrement l’or – , arrivent en contrepartie massivement en Babylonie.

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Pierre gravée au nom du Roi
Melisipah II (ou Melishippak)


Sous la dynastie kassite, la Babylonie connaît une renaissance culturelle. Bien que d’origine étrangère, les Kassites respectent la culture et les pratiques religieuses des autochtones : ils font édifier des temples aux divinités traditionnelles et promeuvent essentiellement l’emploi du sumérien et de l’akkadien dans les documents écrits. Les écoles de scribes poursuivent leurs activités, notamment à Nippur et Ur ; parmi les grandes familles de scribes du premier millénaire av. J.-C., nombreuses sont celles qui remontent au XVe ou XIVe siècle. Le calendrier babylonien et les méthodes de décompte du temps sont repensés et simplifiés. Les médecins babyloniens sont très sollicités tant à l’étranger que dans le pays même. Les artisans locaux font figure de pionniers dans le domaine de la fabrication du verre, alors en plein développement ; ils expérimentent de nouvelles formes artistiques tant pour les stèles (tels les kudurru actant les terres données par les rois) que pour la glyptique ; les artisans pratiquent beaucoup la sculpture sur brique moulée pour les décors architecturaux. Ils acquièrent grâce à ce talent artistique une réputation internationale et, au xiiie siècle, le roi hittite Hattushili III demande instamment à son homologue babylonien de bien vouloir lui envoyer un de ses sculpteurs.

La dynastie semble avoir été à son apogée de 1400 à 1225. C’est au cours de cette période que le roi Kurigalzu 1er (vers 1385) fait construire au nord de Babylone une nouvelle ville fort impressionnante, Dur-Kurigalzu, conçue comme une seconde capitale. Ce roi et ses successeurs font en outre reconstruire ou réparer les principaux temples de toutes les grandes villes du royaume.

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Détail de la façade du Temple d'Inanna 
construit par Karaindash I - 
Pergamon Museum - Berlin


À partir de 1225, la Babylonie connaît un revers de fortune. L’Assyrie envahit le pays, vainc le roi Kashtiliashu IV (1232-1225) et le destitue. Profitant de l’affaiblissement du pays, l’Élam attaque Nippur et Isin. Le gouvernement central est confié à des Assyriens. En deux décennies, la Babylonie reprend cependant assez de force pour vaincre l’Assyrie et s’immiscer dans ses affaires intérieures. Au début du XIIe siècle, notamment sous le règne de Meli-Shipak (1186-1172) et de Marduk-apla-iddina 1er (1171-1159), le pays redevient prospère, et des expéditions commerciales reprennent en direction de la Syrie et des montagnes du nord-est.

En 1158, l’Assyrie et l’Élam envahissent le pays, et le roi d’Élam dépose le roi de Babylonie.En quelques années, la dynastie kassite non seulement s’effondre sous la pression de ses voisins, mais est en outre humiliée par la déportation en exil de la statue de culte de son dieu protecteur, Marduk.

Nabuchodonosor 1er (1125-1104 avant J.-C.) et Babylone à la fin du IIe millénaire avant J.-C.

Avec l’effondrement de la dynastie kassite les armées élamites ravagent le pays, et tout particulièrement le nord et l’est. Une nouvelle dynastie autochtone, installée initialement à Isin, en Babylonie centrale, commence lentement à prendre le contrôle de la région, mais tout d’abord de façon assez timide. Elle opère ensuite dans l’ombre de l’Élam pendant plusieurs décennies. Cette seconde dynastie d’Isin (1157-1026 av. J.-C.) s’empare de Babylone, mais ses premières offensives militaires contre l’Élam et l’Assyrie restent sans effet.

Nabuchodonosor 1er (1125-1104), le quatrième roi de la dynastie mène une campagne surprise et s’enfonce avec ses troupes dans le territoire élamite ; Nabuchodonosor défait le roi élamite Hutelutush et reprend possession de la statue de Marduk. Cette campagne et le retour de Marduk dans son temple marquent un tournant dans l’histoire de la Babylonie. Le triomphe de Nabuchodonosor et la vénération de Marduk donnent lieu à une multitude d’épopées, d’hymnes et de présages, que les scribes allaient continuer à copier pendant des centaines d’années.

Au cours du quart de siècle suivant, Babylone conserve sa supériorité militaire mais les Assyriens ne tardent pas à être au moins aussi puissants que leurs voisins du sud sous le règne du dynamique Teglath-Phalasar 1er (1114-1076), qui envahit le nord de la Babylonie dont la capitale. Peu de temps après, vers 1080, la Babylonie et l’Assyrie se trouvent toutes deux confrontées à un nouvel ennemi : les Araméens –et ce pendant plus d’un siècle - affluent en Babylonie et en Assyrie, mettant à sac les villes, pillant les temples et coupant les routes commerciales, y compris celle entre la Babylonie et l’Assyrie.

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Kudurru (stèle) de Meli-Shipak, roi de Babylone (1186-1172 av. J.-C.), commémorant un don de terre à sa fille Hunnubat-Nanaya
Calcaire gris foncé
H. : 83 cm ; l. : 42 cm ; ép. 28 cm
Epoque kassite, règne de Meli-Shipak (1186-1172 av. J.-C.)
Suse (Iran), butin de Mésopotamie, fouilles J. de Morgan 
Paris, musée du Louvre, Sb 23 - © Photo RMN / Christian Larrieu


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Kudurru inachevé
Calcaire beige
H. : 54 cm ; L. : 36 cm ; ép. : 23 cm
Epoque kassite, XIIe siècle avant. J.-C.
Suse (Iran), fouilles J. de Morgan
Paris, musée du Louvre, Sb 25 - © Photo RMN / DR


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Kudurru
Calcaire
H. : 50 cm ; l. : 20 à 36 cm ; prof. : 9 cm
Epoque kassite, première moitié XIIe siècle av. J.-C.
Babylone. Trouvé au Merkes (26 g 2 à + 3 m de prof.), avec de nombreuses tablettes d’argile, éléments de pierres semi précieuses, coquillages et perles
Berlin, Vorderasiatisches Museum VA Bab 4375–Bab 39027 - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin


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Kudurru (stèle) du roi Nabuchodonosor Ier relatant sa campagne contre l’Élam et énumérant les récompenses attribuées à Shitti-Marduk, l’un de ses commandants de char
Calcaire
H. : 65 cm ; l. : 21,5 cm ; ép. : 17 cm,
Dernier quart du XIIe siècle av. J.-C.,
Trouvé à Sippar (Abu Habba) en 1882,
British Museum, BM 90858 - © The Trustees of The British Museum


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Amulette en forme de tête de jeune bovidé, inscrite sur le plat au nom de « Kadashman Turgu, roi de l’univers »
Amazonite
L. : 3,2 cm ; l. : 2,9 cm ; ép. : 1,3 cm
Epoque kassite, règne de Kadashman-Turgu (1ère moitié XIIIe siècle av. J.-C.)
Babylonie
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales AO 4633 - © Photo RMN / Franck Raux

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Sceau-cylindre représentant un personnage devant une tour à étages
Agate
H. : 4,7 cm, diam. : 1,6 cm
Epoque kassite, Deuxième moitié du IIe millénaire av. J.-C.
Babylone. Trouvé au Merkes dans une tombe à jarre 
Berlin, Vorderasiatisches Museum VA 7736-Bab 39322 - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin


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Lettre de Burnaburiash II, roi de Babylone, à Akhenaton, roi d’Égypte : Le roi de Babylone proteste contre le mauvais traitement réservé à des marchands babyloniens en Canaan.
Tablette d’argile
L. : 11,2 cm ; l. : 6,9 cm ; ép. : 3,3 cm
Milieu du XIVe siècle av. J.-C.,
El-Amarna (Égypte)
Berlin, Vorderasiatisches Museum, VAT 152(EA 8) - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin
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Ven 4 Oct - 17:36
L'empire néobabylonien

De 908 à 811 av. J.-C. environ, la Babylonie établit des contacts soutenus avec l’Assyrie.

Puis, les Assyriens envahissent la Babylonie et destituent successivement deux rois. Le pays sombre dans l’anarchie. Au cours du VIIIe siècle, des rois chaldéens issus de trois tribus différentes de Sémites de l’Ouest et des souverains babyloniens occupent en alternance le trône de Babylonie composée de peuples chaldéens, araméens, arabes et babyloniens.

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Bas-relief représentant des archers Assyriens - Nimrud


Peu après le milieu du VIIIe siècle, l’Assyrie se redresse sous le règne de Teglat-phalasar III qui se lance dans un programme de conquêtes, politique que poursuivent les cinq occupants suivants du trône assyrien.

Les relations entre l’Assyrie et la Babylonie sont ambiguës. La première vénère certes la civilisation plus ancienne et plus avancée qu’est la Babylonie, lui enviant l’antériorité de ses villes et de ses cultes religieux et sa suprématie dans les domaines du savoir et de la littérature ; en revanche, sur le plan politique, l’Assyrie se méfie de ce pays, constitué d’un mélange de population, dirigé par des rois issus alternativement de groupes d’intérêt rivaux. Après 731 av. J.-C., l’Assyrie décide d’administrer directement la Babylonie et installe sur le trône des rois à sa convenance, successivement renversés par des révoltes menées par les Chaldéens, qui installent à leur place des rois de leur choix.

Enfin, le monarque assyrien Sennachérib (704-681), irrité par le meurtre du prince héritier, qu’il avait placé sur le trône de Babylone, reprend la ville en 689. Ses soldats pillent le site, détruisent les principaux édifices et dévient le cours de l’affluent de l’Euphrate de manière inonder la ville qui devient un véritable marécage ; les statues des dieux sont transférées et conservées en Assyrie. Les Babyloniens sont anéantis par la destruction de leur capitale et de leur centre cultuel ; lorsque Sennachérib est assassiné huit ans plus tard par l’un de ses fils, les Assyriens eux-mêmes expriment le tourment que leur cause la colère des dieux provoquée par le comportement sacrilège de leur roi vis-à-vis de Babylone.

À Babylone, la valse incessante des rois cesse ; après la mort de Sennachérib, son fils Asarhaddon (680-669) règne sur l’Assyrie et la Babylonie et reconstruit Babylone. Asarhaddon partage ses fonctions royales entre deux de ses fils : Assurbanipal (668-631) qui reçoit le trône d’Assyrie et Shamash-shum-ukin (667-648) celui de Babylonie. Assurbanipal limite le pouvoir de son frère ; Shamash-shum-ukin constitue alors une vaste coalition de Chaldéens, Araméens, citadins du nord de la Babylonie, Élamites et Arabes et déclenche une guerre civile, qui divise le royaume d’Assyrie et l’affaiblit jusqu’à la mort d’Assurbanipal.

Profitant de la crise de succession, Nabopolassar, un personnage de souche obscure probablement originaire de la Province du Pays-de-la-Mer, (région bordant le Golfe Persique), s’empare du pouvoir à Babylone en 626 et s’y fait proclamer roi. Pendant les années qui suivent, Nabopolassar et ses alliés les Mèdes combattent les Assyriens. Ninive tombe en 612 et l’empire assyrien s’écroule. En automne 605, Nabuchodonosor II hérite de la Babylonie à la mort de son père et repart au combat contre les Egyptiens et les Arabes. L’hégémonie babylonienne sur la Syrie-Palestine est un fait acquis au début du VIe siècle.

Nabuchodonosor II (605-562 avant J.-C.)

Les deux tiers de la durée de vie de l'empire néo-babylonien sont occupés par un seul règne, celui de Nabuchodonosor II, qui occupe le trône pendant 43 ans (605-562 avant J.-C.). Les ambitions monarchiques du roi de Babylone sont non seulement territoriales, mais également édilitaires et artistiques : ses conquêtes et la richesse de l'empire lui en fournissent les moyens ; le butin des villes conquises et sa politique de déportation des populations - notamment des intellectuels et les artisans spécialisés -, permettent au roi de lancer de grands programmes de construction et lui fournissent, à modeste prix, la main d'œuvre indispensable aux travaux. Nabuchodonosor est le constructeur de la grande et magnifique Babylone à laquelle la Bible fait de nombreuses allusions. Il est aussi celui de la Babylone somptueuse décrite par Hérodote.

Son souci de défendre Babylone et la Babylonie contre toute attaque possible oblige Nabuchodonosor à renforcer l'appareil défensif de la ville, ce qui inspire à ses architectes des réalisations grandioses ; la ville est enclose dans un formidable système défensif, consistant en deux enceintes qui en font une place-forte redoutée et admirée par ses ennemis ; les murailles internes sont percées de huit portes, dont la porte d’Ishtar, reconstruite plusieurs fois au cours du règne de Nabuchodonosor et qui devint l'un des symboles de la puissance de Babylone et de sa magnificence ; à travers elle, passait la voie processionnelle de Marduk. A ces formidables murailles, Nabuchodonosor ajoute, au Nord, à l'endroit le plus vulnérable de Babylone, deux grands bastions, un sur l'Euphrate le long du côté ouest du palais sud et un autre au nord, en dehors du mur de la ville, entre la porte d'Ishtar et la rivière. Nabuchodonosor possédait trois palais à Babylone, tous situés à l’est de l’Euphrate, sur sa rive gauche, et dans la partie nord de la ville ; pour construire le « Grand Palais » (palais Nord), Nabuchodonosor fit bâtir une grande structure en terrasse ; il est possible que des “ jardins suspendus ”  aient pris la forme de gradins descendant en paliers successifs jusqu’au fleuve, bordé par un parc.

Au cœur de Babylone, près du cours de l’Euphrate, se trouvait le complexe cultuel le plus important du royaume : le sanctuaire du dieu suprême Marduk, formé de deux ensembles architecturaux, dont la fameuse tour à étages Etemenanki, la « maison, fondement du ciel et de la terre ». C’est ce lieu qui nourrit encore aujourd’hui l’imagination des hommes, et qui est considéré comme le cadre biblique de la construction de la Tour de Babel (Genèse 11, 1-9). Les fouilles archéologiques allemandes ont démontré qu’il s’agit bien ici de la tour décrite dans les sources historiques.

Outre de grands travaux d’aménagement dans le complexe cultuel de Marduk, Nabuchodonosor II restaura plusieurs temples importants : huit temples, dont la ziggurat, ont été retrouvés par les fouilles, sur la rive Est du fleuve et huit autres temples sont localisés approximativement grâce aux données des textes topographiques et des contrats qui livrent des données précises pour les maisons ou les biens vendus, près des temples.

A sa mort, survenue en 562, Nabuchodonosor II lègue à ses successeurs un empire s’étendant sur la Mésopotamie et le Levant ; sa succession (il aurait eu cinq fils) entraîne une période d’instabilité qui dure plusieurs années ; c’est Amel-Marduk qui succède à son père (556-554) mais son court règne se termine par une conjuration au terme de laquelle un certain Nériglissar, son beau-frère, s’empare du trône ; ce dernier connaît un règne court dont le seul événement connu reste une campagne en Cilicie ; à sa mort en 556, son fils Labashi- Marduk monte sur le trône mais succombe trois mois plus tard à une autre conjuration de palais qui porte au pouvoir un certain Nabonide, probablement originaire d’Harran en Syrie du nord et d’ascendance culturelle assyro-araméenne. Les origines harraniennes de sa famille expliquent sa dévotion pour le dieu lune Sin. Nabonide conclut, semble-t-il, une alliance avec Cyrus ; une guerre éclate entre les Perses et les Mèdes tandis que Nabonide part en campagne en Arabie ; il s’établit dans l’oasis de Tayma où il aurait construit une réplique du palais de Babylone ; le séjour du roi à Tayma est relaté non seulement par les sources babyloniennes, mais il laissa aussi un souvenir tenace dans la tradition juive. Le motif de la folie de Nabuchodonosor changé en bête et errant dans la steppe, que l’on retrouve dans le livre de Daniel, n’est qu’une légende inspirée par l’exil de Nabonide.

Revenu à Babylone à l’automne 543, Nabonide s’occupe de promouvoir le culte du dieu-Lune, provoquant ainsi la colère des clercs du dieu Marduk. Durant l’été 539, les Babyloniens s’attendent à une offensive perse d’envergure : Nabonide fait envoyer les statues des principaux dieux du royaume vers la capitale pour les protéger d’une capture éventuelle. L’invasion attendue a lieu au début octobre. Les armées babyloniennes sont écrasées à Opis non loin de l’actuelle Baghdad, et le 12 octobre l’armée perse entre à Babylone, mettant un terme à l’histoire de l’antique Babylonie comme entité politique autonome.

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Stèle dédiée au dieu Soleil par le roi Nabû-apla-iddina (vers 887-851)
Schiste gris
L. : 29,5 cm ; l. : 17,8 cm ; ép. : de 4,1 à 5,1 cm
Sippar (Babylonie du nord), vers 855 av. J.-C.
Trouvée à Abu Habba (Sippar) dans l’Ebabbar (sanctuaire de Shamash) en 1881 par H. Rassam
Londres, British Museum, BM 91000 - © The Trustees of The British Museum


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Coffre rectangulaire à poignée verticale sur le couvercle, dans lequel la stèle au dieu Soleil de Nabû-apla-iddina était enterrée
Terre cuite
L. : 39,3 cm ; l. : 50,2 cm ; ép. : 17,5 cm
Sippar (Babylonie du nord), fin du vie siècle av. J.-C.,
Trouvé à Abu Habba (Sippar) dans l’Ebabbar (sanctuaire de Shamash) en 1881 par H. Rassam
Londres, British Museum, BM 91002 - © The Trustees of The British Museum


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Stèle carrée d’Asarhaddon portant le récit de la restauration de Babylone
Basalte noir
H. : 21,6 cm
Babylone ( ?), vers 678-669 av. J.-C.
Londres, British Museum, BM 91027(60-12-1,1) - © The Trustees of The British Museum


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Sceau du dieu Adad
Lapis-lazuli
H. : 12,5 cm ; D. : 3,2 cm
Début du Ier millénaire av. J.-C.
Berlin, Vorderasiatisches Museum, VA Bab 647-Bab 6403
Le sceau fut dérobé au VIIIe siècle av. J.-C. par Sennachérib lors de sa conquête de Babylone. Son successeur Assarhaddon le rapporta au temple, comme en témoigne une seconde inscription évoquant son nom. - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin


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Tablette(s) fragmentaire(s) énumérant les rations données aux prisonniers et étrangers, dont Joiakin de Juda et sa famille, sous le règne de Nabuchodonosor II
Tablette d’argile presque complète
Dimensions de la tablette complète : L. : 20 cm ; l. :13 cm
Règne de Nabuchodonosor II, année 13, mois xx, jour 12, c’est-à-dire 592 av. J.-C.
Babylone, palais Sud. Fouilles Koldewey 
Berlin, Vorderasiatisches Museum VAT 16283-Bab 2878 - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin


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Nabuchodonosor, roi de justice – code de lois
Tablette fragmentaire d’argile
L. : 14 cm ; l. : 10 cm
Probablement règne de Nabuchodonosor II, début du VIe siècle av. J.-C. 
Babylonie
Londres, British Museum, Department of Ancient Near East, BM 45690 - © The Trustees of The British Museum


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« Tablette de l’Esagil » donnant les dimensions de deux cours de l’Esagil et de la ziggurat
Tablette d’argile cuite
H. : 18 cm ; L. : 10 cm ; ép. : 2 cm 
Copie d’un document néo-babylonien datée de l’an 83 de l’ère séleucide (229 avant J.-C.). 
Ecrite à Uruk d’après un original de Borsippa
Acq. 1876
Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales AO 6555 - © Photo RMN / Jean Schormans


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Maquette de la Tour à étages (ziggurat) de Babylone Etemenanki
Bois
H. : 50 cm ; L. : 97 cm ; l. : 56 cm
Maquette au 1/150, construite par Hellmann, 1991
Reconstruction d’après les travaux de Hansjörg Schmid et la description de la « tablette de l’Esagil »
Vorderasiatisches Museum Berlin, VAG 1284 - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin


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Panneau de briques en relief : Lion passant à gauche
Terre cuite à glaçure de couleur
H. : 1,05 m ; L. : 2,27 m ; ép. : 11,5cm
Règne de Nabuchodonosor II, début du VIe siècle av. J.-C 
Babylone, Voie processionnelle. Fouilles Robert Koldewey
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales, AO 21118 (Mis en dépôt par Berlin, VAM, en 1936) - © Photo RMN / Franck Raux

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Panneau de briques en relief : Dragon passant à droite
Terre cuite à glaçure de couleur
H. : 1,16 m ; L. : 1,67 m ; ép. : 8 cm 
Règne de Nabuchodonosor II, début du VIe siècle av. J.-C (dernier état de la Porte d’Ishtar)
Babylone, Porte d’Ishtar. Fouilles Koldewey 1902
Vorderasiatisches Museum Berlin, VA Bab 4431 - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin


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Composition littéraire sur le règne de Nabonide (“Verse Account of Nabonidus” )
Tablette d’argile; 12,4 x 12,2 cm 
Epoque achéménide
Provenance
Londres, British Museum, Department of Ancient Near East, BM 38299 - © The Trustees of The British Museum


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Ven 4 Oct - 17:37
La domination étrangère

Sous domination perse

En 539 avant J.-C., les Perses écrasent Nabonide à Opis et le 29 octobre Cyrus l’Achéménide entre dans Babylone. Il est dès lors le seigneur d’un empire qui s’étendra de l’Inde à l’Égypte, de l’Asie centrale à l’Ionie. La conquête de Cyrus ouvre la voie à l’unification de l’Asie Antérieure sous le sceptre perse et permet des échanges culturels plus intenses entre les satrapies (provinces de l’Empire perse). Babylone perd la suprématie internationale acquise sous la dynastie de Nabuchodonosor II tout en conservant le rang de capitale ; elle maintient également sa position de principal centre culturel et administratif de la Mésopotamie comme chef-lieu de la neuvième satrapie.

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Cyrus le Grand, premier roi de l’ancienne Perse, a libéré les esclaves de Babylone en 539 avant J-C

Si, sur le plan historique, la fracture avec le passé est profonde - car pour la première fois dans toute son histoire la Mésopotamie, et Babylone en particulier, perdent leur indépendance et se retrouvent gouvernées par une dynastie étrangère qui a ses racines et ses traditions en Iran -, sur le plan culturel, la vie des habitants ne révèle pas de changements traumatisants et semble même s’écouler comme par le passé. Dans les habitations du quartier du Merkes (« centre ») en particulier, les maisons construites à l’époque néo-babylonienne subsistent dans les périodes suivantes. L’évolution des pratiques funéraires reflète elle aussi un développement purement local, sans influences iraniennes directes. La confirmation de la force de la tradition babylonienne est encore plus prononcée dans les objets d’usage commun.

Le quartier des palais de Nabuchodonosor, le Kasr/Qasr, demeure encore le siège des souverains à l’époque achéménide ; l’activité de construction des rois achéménides est documentée par la présence, aux marges du secteur occidental de l’ancien palais, d’un petit édifice érigé sur une terrasse artificielle englobant les murs néo-babyloniens, entre le mur d’enceinte du palais sud et les murailles de la ville. Il ne reste pratiquement plus rien de son élévation mais il semble s’agir d’une installation rectangulaire avec une façade ouverte au nord par un portique à quatre colonnes entre deux tours, précédé par un escalier et suivi d’une salle hypostyle rectangulaire au plafond soutenu par deux rangées de quatre colonnes, un schéma qui applique librement les principes de la première architecture impériale entre Cyrus et Darius. Les sols sont réalisés avec une technique extrêmement raffinée dont on trouve des parallèles à Persépolis et à Suse. Les colonnes sans doute en bois peint et doré, ont une base en pierre calcaire gris sombre ; leur forme est de type persépolitain dans la salle, avec des décorations à corolle de feuilles. La décoration des parois de briques à glaçure est très riche avec des motifs caractéristiques que l’on retrouve à Persépolis et surtout à Suse, tels les compositions avec les gardes impériaux armés de l’arc, du carquois et de la lance ou encore les bordures de motifs géométriques et les encadrements de frises de rosettes.

Sous domination grecque et parthe

Le 1er octobre  331 avant J.-C.,Darius III est mis en déroute à Gaugamèles et sa fuite ouvre la plaine babylonienne aux phalanges macédoniennes. Peu après, le satrape Mazaios/Mazday ouvre les portes de Babylone à Alexandre Le Grand qui prend possession de la ville avec la pompe d’un libérateur. Il effectue les sacrifices rituels à Belos (Marduk) et, avant de poursuivre ses conquêtes, donne l’ordre de restaurer son temple. Babylone allait devenir la capitale de l’empire d’Alexandre. Il allait y mourir, à son retour d’Inde, le 10 juin 323 avant J.-C. Ainsi commence une ère nouvelle qui ouvre l’Orient à la culture hellénistique et au dialogue complexe de celle-ci avec les antiques traditions des peuples orientaux. Séleucos, fut peut-être le dernier des rois bâtisseurs mésopotamiens ; il fonde sa ville royale sur le Tigre, mais Babylone demeure l’un des centres les plus importants de l’empire séleucide. Antiochos Ier, qui se comporte en roi babylonien, reprend l’activité de construction dans l’Esagil . La communauté grecque de la cité, refondée comme « polis » grecque par Antiochos IV Epiphane, prospère aux côtés de la communauté babylonienne presque jusqu’à la fin de l’époque parthe. La fondation de Séleucie marque cependant la fin de la suprématie politique de l’antique métropole. En 141 avant J.-C., Mithridate Ier, roi des Parthes – une dynastie originaire d’Iran -, s’empare de la nouvelle et de l’ancienne capitale. Avec Mithridate II (123-88 av. J.-C.), la couronne parthe arsacide contrôle durablement toute la région depuis Ctesiphon, son siège de Babylonie. Babylone ne sera plus au cœur des événements politiques, si ce n’est lors des éphémères conquêtes de Trajan et de Septime Sévère, mais son importance économique et culturelle perdurera durant toute l’époque parthe. C’est seulement avec les Sassanides que s’installera progressivement le silence des sources historiques et archéologiques de la ville jusqu’à ce qu’elle soit réduite, à l’époque islamique, à un village insignifiant mais riche de souvenirs légendaires.

Les éventuelles traces archéologiques de la présence des souverains ultérieurs dans les anciennes constructions royales et les édifices religieux ont été victimes de la récupération des matériaux de construction et des pillages qui commencèrent avant même l’abandon de la cité, à la fin de l’Antiquité.

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Portrait d’Alexandre le Grand dit « Alexandre Guimet »
Marbre
H. conservée : 33 cm
Vers 300 avant J.-C. ? ou vers 170-160 avant J.-C. (?)
Egypte
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines, numéro d’entrée MND 2075, numéro usuel Ma 3499 (Cession du musée Guimet, 1948) - © Photo RMN / Hervé Lewandowski


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Statuette de femme nue debout aux bras articulés
Albâtre, croissant de lune en bronze doré, yeux et nombril en rubis. Les fils d’or fixant les bras ont disparu
H. : 26 cm ; l. : 5 cm ; ép. : 5 cm
Epoque parthe, fin du 1er s. av. J.-C. – 1er s. ap. J.-C. 
Hillah, Hypogée, tombe 4, près de la tête du squelette
Fouilles Pacifique Delaporte 1862, Acquisition 1866
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales, AO 20127 - © Photo RMN / Philipp Bernard


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Statuette fragmentaire de femme nue debout
Terre cuite. Moule en deux parties
H. : 14,8 cm ; l. : 9 m ; ép. : 5,5 cm
Epoque séleucide-parthe, 3e s. av. – 1er s. ap. J.-C. 
Babylone
Acquisition Schultz, 1886.
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales, AO 1496a - © 2007, Musée du Louvre / Raphaël Chipault


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Ven 4 Oct - 17:38
Focus : Gilgamesh

En 1872, l’assyriologue anglais George Smith, en déchiffrant un fragment de tablette d’argile, découvrait l’épopée de Gilgamesh ; avec d’autres archéologues, il se mit donc à chercher, dans les archives du Bristish Museum, des fragments de tablettes susceptibles d’appartenir au poème épique nouvellement découvert ; une première édition des douze tablettes de 300 vers chacune fut publiée en 1891.

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D’une vigueur et d’une beauté extrêmes, Gilgamesh, roi de la cité sumérienne d’Uruk, est dieu aux deux tiers et pour un tiers, homme. Il n’a en tête que son propre plaisir et ne s’acquitte pas de sa tâche de roi. Hommes et femmes d’Uruk doivent se tenir prêt nuit et jour pour son seul service. La complainte des femmes parvient jusqu’à Ishtar, déesse de l’amour et patronne d’Uruk, qui décide de rétablir l’ordre dans la cité. Les dieux créent Enkidu, homme primitif et sauvage, qui n’a rien à envier par sa vigueur et sa beauté au roi Gilgamesh. Enkidu est attirée dans la ville par Shamhat (« La Joyeuse »), une courtisane servante d’Ishtar, qui fait en sorte que le sauvage élevé par des animaux se mue en homme civilisé. Enkidu est outré par la conduite du roi ; un violent combat s’ensuit entre les deux hommes, mais aucun n’en ressort vainqueur. Tous deux se lient d’amitié.

Gilgamesh décide de partir en expédition avec Enkidu dans le lointain Liban, pour tuer le géant Humbaba, gardien de la Forêt des Cèdres interdite aux hommes. Il veut être le premier à pénétrer dans cette forêt encore inviolée par les hommes, abattre ses arbres immenses pour en faire les portes et les toits d’édifices somptueux, comme il est d’usage depuis l’époque de Gilgamesh pour un puissant roi de Mésopotamie. Très vite, le courage abandonne Gilgamesh. Le dieu-Soleil permet aux deux amis de tuer le dangereux Humbaba et de s’emparer de ses richesses. Gilgamesh et Enkidu se lancent alors dans d’autres aventures, irritant les dieux par leurs excès ; ils décident de mettre fin à la vie de l’un des deux hommes ; leur choix s’arrête sur Enkidu, aussitôt frappé d’une forte fièvre. Le héros doit mourir dans son lit sans s’être « fait un nom » sur le champ de bataille.

Après les funérailles royales d’Enkidu, Gilgamesh laisse derrière lui sa ville, son pays et toute sa magnificence. Vêtu d’une peau de lion, il erre dans la steppe à la recherche d’Utanapishtim, le seul être humain ayant accédé à l’immortalité. Gilgamesh atteint les confins du monde. Les effrayants hommes-scorpions qui gardent l’accès de « l’itinéraire du soleil » le laissent passer. Pendant douze doubles heures, Gilgamesh parcourt en toute hâte l’itinéraire du soleil autour de la terre. Avant que le soleil brûlant ne le rattrape, il atteint dans l’au-delà un merveilleux jardin de pierres précieuses. Ishtar, la déesse-patrone d’Uruk, l’y attend sous les traits d’une cabaretière (Siduri), et lui indique le chemin conduisant à Utanapishtim.

Gilgamesh croit pouvoir extorquer au héros du Déluge le secret de la vie-sans-fin. Utanapishtim lui raconte comment, suivant le conseil du dieu de la Sagesse, il fut le seul à survivre avec sa famille au Déluge, bien que les dieux eussent décidé d’anéantir l’humanité entière ; les dieux regrettant leur acte, remarquant avec joie que quelques hommes vivent encore, promettent de ne plus jamais autoriser l’extermination des hommes. Cependant, en exilant Utanapishtim dans le pays des immortels, Enlil, le roi des dieux, permet de sauvegarder l’autorité du souverain des dieux et de préserver l’ordre divin. C’est pour cette unique raison – tel est l’enseignement du récit du Déluge – qu’Utanapishtim a accédé à l’immortalité, et non pour une quête égoïste et mesquine. Sans ménagement, Utanapishtim exhorte donc Gilgamesh à assumer enfin sa responsabilité de roi et à veiller au bien-être de ses sujets.

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Gilgamesh doit abandonner tous ses espoirs de vie éternelle et rentre à Uruk où il va alors reconstruire les sanctuaires détruits par le Déluge, restés à l’abandon pendant des millénaires, et rétablir les anciennes règles de culte et d’offrandes. C’est seulement à travers son action que sera intégralement restaurée la coexistence bénéfique entre les dieux et les hommes, initiée par la Création et détruite par le Déluge. Sous la protection des murs d’Uruk érigés par Gilgamesh pourra ainsi s’épanouir la grande civilisation mésopotamienne.

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Statuette représentant Gilgamesh debout sur la tête de Humbaba
Terre cuite (brûlée), traces de peinture rouge
H. : 16, 5 cm ; l. : 5 cm
Epoque paléo-babylonienne, première moitié du IIe mill. av. J.-C.
Tell Asmar, ancienne Eshnunna (?)
Acquisition 1930 
Paris, Musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales AO 12475 - © Photo RMN / Franck Raux


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Relief représentant une scène de combat représentant Humbaba, gardien de la forêt des cèdres, mis à mort par Gilgamesh et Enkidu
Terre cuite
H. : 8 cm, L. : 13,8 cm 
Epoque paléo-babylonienne, début IIe millénaire av.J.-C.
Babylonie
Vorderasiatisches Museum Berlin VA 7246 - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin


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Relief représentant un combat contre un taureau : le combat de Gilgamesh et Enkidu contre le « taureau céleste »
Terre cuite
H. : 8 cm, L. : 14,2 cm
Epoque paléo-babylonienne, début IIe millénaire av.J.-C.
Babylonie
Vorderasiatisches Museum Berlin VA 5392 - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin


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Gilgamesh, XIe tablette : Le récit du Déluge
Argile (akkadien)
H. : 13,5 cm ; L. : 14,7 cm
Règne d’ Assurbanipal d’Assyrie (668 – 627 av. J.-C.)
Ninive (Assyrie actuel Irak du Nord), Bibliothèque d’Assurbanipal
British Museum K 8517, K 8518, K 8569, K 8595 - © The Trustees of The British Museum
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Ven 4 Oct - 17:38
Focus : La littérature

Pendant longtemps, alors même que le sumérien était déjà une langue morte, on continua de l'utiliser pour certains documents du droit, pour le culte, la propagande royale ; la littérature sumérienne était jugée seule digne d'être apprise et écrite.

Au cours du premier tiers du IIe millénaire, on abandonne progressivement le sumérien pour rédiger des textes dans la langue courante de l'époque, l'akkadien. Cependant, les écoliers étudient un grand nombre d'oeuvres sumériennes dont Gilgamesh est le héros.

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Parmi les poèmes akkadiens qui nous sont parvenus, beaucoup concernent d'une manière ou d'une autre les dieux. Il peut s'agir de textes cultuels ou de textes narrant les aventures des dieux, leurs amours, leurs luttes intestines, leurs relations avec l'humanité. Le texte mythologique le plus ample et le plus riche est le « mythe d'Atrahasis » "le super-sage" ; il relate la création de l'homme : les dieux prolétaires s'étant mis en grève, l'homme est créé pour les remplacer comme travailleur au service des dieux. Mais le bruit des humains incommode le grand dieu Enlil, qui, pour s'en débarrasser, envoie finalement le Déluge. Cette partie du récit a été reprise dans la XIe tablette de l'épopée de Gilgamesh, et a inspiré celui de la Genèse.

Les luttes des dieux se reflètent par exemple dans le mythe d'Anzu, l'oiseau mythique qui a dérobé les tablettes du destin à Enlil et que Ningirsu (alias Ninurta) vaincra de haute lutte, non sans l'aide du sage Éa. La trame de l'histoire annonce celle du poème de la création babylonien l'Enuma elish, où Marduk crée l’univers ordonné, recevant de l’assemblée des dieux les pouvoirs cosmiques, rassembant en sa personne les pouvoirs de divinités plus anciennes.

La « Descente d'Ishtar aux Enfers » est la suite d'un mythe sumérien, qui racontait deux histoires en une : la tentative d'Ishtar d'arracher le royaume des Enfers à sa soeur Ereshkigal, et le destin de Dumuzi, qu'Ishtar envoie à sa place pour être prisonnier des Enfers. Son destin ne sera adouci que par l'amour de sa soeur Geshtinana, qui acceptera de passer parmi les ombres une moitié de l'année (c'est ainsi qu'elle est venue à assumer les fonctions de secrétaire du monde d'en bas).

Parmi les créations littéraires babyloniennes qui nous paraissent aujourd'hui les plus remarquables, il y a un poème mythologique consacré à Ishtar, le « poème d'Agushaya ». Le dieu Ea crée de toutes pièces une rivale à l'imprévisible Ishtar ; ce sera Saltu, la Querelle, qui sera finalement vaincue, mais ceci aura permis à Ishtar d'apaiser ses ardeurs.

La poésie sumérienne chantait avec lyrisme les amours d'Ishtar et de Dumuzi, et cette veine poétique s'est poursuivie encore quelque temps en akkadien. Il nous reste quelques exemples de la poésie de cour, célébrant l'amour d'une déesse (le plus souvent Ishtar) pour le roi.





Le déluge dans la Genèse et dans l’Epopée de Gilgamesh

L’Epopée de Gilgamesh est l’un des principaux textes de la littérature mythologique mésopotamienne Elle nous est parvenue sous sa forme la plus complète par la copie conservée dans la bibliothèque d’Assourbanipal, roi d’Assyrie (669-627 av. J.-C.) ; mais on a aussi trouvé, jusque dans le pays d’Israël, des fragments de plusieurs éditions parfois assez différentes.

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Gilgamesh, le héros du récit, emprunte sans doute son nom à un personnage historique, roi d’Ourouk, au sud de la Mésopotamie (Erek dans la Bible, Gn 10.10), au IIIè millénaire av. J.-C. Dans l’épopée, Gilgamesh est un homme puissant qui entre en conflit avec les dieux. Après avoir perdu un ami intime, Enkidou, il se lance à la recherche de l’immortalité. Au cours de sa quête, il rencontre Outanapishtim, le survivant d’un déluge qui offre des ressemblances frappantes avec celui de la Genèse et qui est de toute évidence inspiré d’un autre récit mésopotamien, le mythe d’Atrahasis.

Nous connaissons surtout l’Epopée de Gilgamesh grâce à un texte assyrien du VIIe siècle av. J.-C., mais elle est certainement beaucoup plus ancienne. Elle semble s’inspirer, dans son récit du déluge, du poème babylonien d’Atrahasis.
Elle reflète en tout cas une vaste tradition mésopotamienne relative à une grande inondation.

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Mythe de la descente d’Ishtar aux Enfers
Tablette d’argile cuite en akkadien
H. : 25,2 cm ; l. : 8,7 cm ; ép. : 3 cm
Copie d’époque assyrienne, VIIe siècle avant J.-C. (original composé au IIe millénaire avant J.-C.)
Ninive, bibliothèque d’Assurbanipal. Trouvée par Layard
Londres, British Museum K 162 - © The Trustees of The British Museum


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Le Poème babylonien de la création (Enuma elish)
Tablette d’argile
H. : 11,5 cm ; l. : 8,8 cm ; ép. : 3,2 cm
Manuscrit du Ier millénaire avant J.-C.
Londres, British Museum BM 93016 - © The Trustees of The British Museum


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Hymne syncrétique à la gloire de Marduk
Tablette d’argile fragmentaire
VAT 9823 : H. : 12,5 cm ; l. : 12,6 cm ; ép. : 2,2 cm ; VAT 9737 : H. : 10 cm ; l. : 8,3 cm ; ép. : 0,9 cm
Deuxième moitié du deuxième millénaire av. J.-C.
Trouvée à Assur
Berlin, Vorderasiatisches Museum, VAT 9823-VAT 9737 - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin


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Vocabulaire bilingue (sumérien/akkadien) des pierres et objets en pierre : seizième tablette de la série lexicale HAR.RA = hubullu
Tablette d’argile
H. : 17 cm ; l. : 7 cm ; ép. : 2,5 cm
Epoque néo-babylonienne
Warka, ancienne Uruk (Acq. Ihler, collection Pognon)
Paris, Musée du Louvre, AO 7662 - © 2005, Musée du Louvre / Raphaël Chipault


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Itinéraire d’un pélerin : Ludlul Bēl Nēmeqi : « Je veux louer le maître de sagesse » ( Tablette II )
Tablette d’argile en akkadien
H. : 14 cm ; l. : 8,2 cm ; ép. : 2,9 cm 
Copie de la Bibliothèque d’Assurbanipal à Ninive,VIIe siècle avant J.-C. (original d’époque Kassite : probablement règne du roi Nazi-maruttash : début XIIIe siècle avant J.-C.)
Paris, Musée du Louvre : dépôt du British Museum, K 2518-DT 358 - © 2007, Musée du Louvre / Raphaël Chipault
Un noble personnage , nommé Shubshi-meshrê-Shakkan, accablé par le malheur bien que menant une vie juste, recouvre santé et prospérité grâce à Marduk.


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Ven 4 Oct - 17:39
Focus : Les sciences

Dès le troisième millénaire, en Mésopotamie, des textes se rapportant aux dimensions des champs, à des partages de parcelles ou à des cadastres témoignent d’une réflexion mathématique. L’époque paléo-babylonienne (première moitié du deuxième millénaire) a vu s’épanouir des écoles de scribes dans tout le Proche-Orient cunéiforme, et nombre de tablettes scolaires mathématiques ont été retrouvées dans ces centres d’enseignement.

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Une des particularités des mathématiques cunéiformes est l’utilisation d’une numération sexagésimale positionnelle. Dans quelques cas, ce sont des textes purement numériques dépourvus de toute explication ; dans d’autres cas, ce sont des « séries de problèmes », contenant de longues énumérations d’énoncés ; enfin, dans leur immense majorité, ce sont des listes de problèmes résolus.

Il est maintenant largement admis que la résolution des problèmes du second degré en Mésopotamie et en Elam est guidée par un raisonnement géométrique qui s’apparente à la méthode de complétion du carré, celle-là même qui sera développée plus tard dans les textes mathématiques en langue grecque, puis arabe. Souvent, les problèmes sont présentés avec un habillage réaliste faisant référence aux activités sociales de l’époque. Les thèmes de prédilection sont l’arpentage, les constructions en briques, les travaux de terrassement, le creusement des canaux, la répartition du travail et des salaires entre travailleurs, les taux d’intérêt et les problèmes d’héritage. Pourtant, malgré le caractère souvent artificiel de leur mise en scène, ces problèmes ne paraissent pas destinés à résoudre des problèmes concrets de la vie réelle.

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Peu de textes du premier millénaire ont été à ce jour découverts. Ceux-ci présentent moins d’intérêt en termes de théorie mathématique ; pourtant, une tablette de la période séleucide, trouvée à Babylon, pose un problème algébrique similaire aux problèmes mathématiques datant du deuxième millénaire ; cependant la méthode de résolution du problème est différente. Cette tablette dénote une nouvelle manière d’envisager l’enseignement de l’algèbre et de la géométrie à l’école à la fin du premier millénaire avant J.-C. Une autre tablette séleucide présente deux caractéristiques significatives, correspondant probablement à d’importantes innovations intervenues dans le domaine des mathématiques au milieu du premier millénaire av. J.-C. On remarque tout d’abord l’utilisation d’un signe spécial pour transcrire « zéro », qui ressemble au double clou de séparation de deux membres de phrase. Le zéro apparaît sur des documents plus anciens, par exemple, sur des tablettes originaires de Suse et datant du IIe millénaire av. J.-C., mais rarement. L’utilisation d’un signe spécial pour le noter devint plus systématique à partir de l’an 500 av. J.-C. ; une autre section de cette même tablette indique les dimensions d’un triangle, une figure qui n’est jamais attestée dans les documents mathématiques babyloniens du deuxième millénaire av. J.-C.

L’astronomie /astrologie

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Calendrier astrologique aux signes zodiacaux
Tablette d’argile
H. : 11 cm ; L. : 19 cm
Uruk, époque séleucide ; début du IIe siècle avant J.-C.
Berlin, Vorderasiatisches Museum, VAT 7847 - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin

Elles naissent avant l’époque de Hammurabi. Vers le milieu du premier millénaire av. J.C., les astronomes de Babylone commencèrent à représenter/cartographier de manière beaucoup plus précise les mouvements des étoiles et des planètes les unes par rapport aux autres mais aussi par rapport au soleil et à la lune, à tel point qu’il devint possible de faire des prévisions exactes. Le calcul des phénomènes célestes revêt en conséquence de plus en plus d’importance et fait sortir les mathématiques, nées de la nécessité de mesurer les terres, du champ de la géométrie algébrique. Les mathématiques sont mises au service de l’astronomie.

La principale contribution de l’astronomie babylonienne aux progrès de la science fut la production de tables comportant les calculs nécessaires à la prévision des phénomènes célestes. Cette science astronomique d’un nouveau genre servait à fournir des prévisions exactes quant à la nouvelle lune, la pleine lune, les éclipses et l’apparition périodique des planètes. C’est à peu près à la même époque que le zodiaque, adopté ultérieurement par les astronomes et astrologues grecs, vit le jour.

La cartographie

La carte la plus ancienne conservée est gravée sur argile et vient du troisième millénaire av. J.C. Des archéologues l'ont trouvée dans une des excavations effectuées dans l'ancienne ville de Ga-Sur, à un peu plus de trois cents kilomètres au nord de Babylone. 
Elle montre sous forme de plan, de petits ensembles, c'est-à-dire des parcelles de terre avec vallée et rivière, probablement le Tigre, entre deux lignes de collines. Elle indique clairement les directions est, nord et ouest ; par contre, il manque l'échelle. Il est significatif que le peu de cartes qui nous sont arrivées des temps éloignés soient dessinées sur des tablettes de terre cuite, une matière résistante. Car les cartes s'usaient, elles s'altéraient ou se perdaient dans les incendies et les inondations, certaines étaient détruites pour empêcher qu'elles ne tombent pas entre les mains ennemies.

  Carte Babylonienne du monde, tablette d'argile Ve siècle avant J.-C British Museum,  Londre.


La Mappa Mundi ou carte du monde babylonienne fut découvert à Sippar, dans le sud de l’Irak, mais la carte et les textes qui l’accompagnent sont plus probablement originaires de Babylone.
La carte occupe les deux tiers inférieurs du recto de la tablette. Elle s’intéresse aux contrées lointaines, aux événements et aux créatures mythologiques ainsi qu’au monde situé au-delà de celui qui nous est familier. La vision du monde représentée dans l’argile est donc schématique.

L’élément qui domine dans cette carte est un large anneau circulaire où se trouve inscrit marratu, « mer salée ». Les Babyloniens partageaient de toute évidence avec certains cartographes grecs l’idée qu’un océan entourait le monde habité. À l’intérieur du cercle, les lieux et les éléments géographiques importants situés au cœur de la Mésopotamie sont représentés à l’aide de divers cercles, rectangles et courbes (le plus souvent légendés).

Les onze lignes fragmentaires précédant la carte sont assez énigmatiques. Elles font clairement référence à la création du monde telle qu’elle est relatée dans l’épopée Enuma Elish, c’est-à-dire à la victoire du dieu Marduk sur Tiamat, la mer primordiale. Il y est question de « dieux anéantis », connus pour avoir été engendrés par Tiamat, et aussi du pont qui permit à Marduk de franchir les eaux dans lesquelles vivaient entre autres la vipère et le dragon mušhuššu ( présent sur les panneaux en brique de Babylone).

La divination

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À Babylone, les présages occupent une des places les plus importantes dans le cursus scolaire. Le concept de la divination repose sur la croyance en l’existence d’une relation de cause à effet entre deux événements qui se succèdent : ainsi les entrailles d’un mouton présentant une certaine caractéristique sont mises en relation avec quelque événement contemporain important, et ces deux phénomènes sont considérés comme nécessairement corrélés. Cette erreur de logique a néanmoins des répercussions sur la réflexion scientifique dans la mesure où les anciens érudits pratiquant la divination réunirent de très nombreuses listes de données relatives à tout ce qui avait valeur de présage (la position des corps célestes, le vol des oiseaux, le comportement de l’huile dans l’eau, de la fumée, les naissances anormales etc.). Bien que l’on puisse penser que la divination fasse fausse route en raison des objectifs visés, il n’en demeure pas moins que ses méthodes de traitement des données et l’idée de tirer des conclusions d’un vaste ensemble d’informations peuvent être perçus comme des signes avant-coureurs des méthodes scientifiques modernes.

Les Babyloniens pensaient que la position des constellations ou des planètes, du soleil ou de la lune (les éclipses, par exemple) avait une incidence sur les événements survenant sur Terre. La science de l’observation des corps célestes ne tarda pas en effet à être appliquée à la divination, et c’est ainsi que naquit une science secondaire associant les mouvements observables dans le ciel nocturne à des événements se produisant sur Terre. Au cours de la période perse puis de la période hellénistique, l’astrologie produisit des horoscopes qui influencèrent la pensée grecque.

La médecine et la magie

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Rituel pour l’examen d’entrailles : prière du devin aux dieux de la nuit
Tablette d’argile
H. : 10 cm ; l. : 5,2 cm ; ép. : 2,5 cm
Epoque paléo-babylonienne
Babylonie
Paris, Musée du louvre, département des Antiquités Orientales, AO 6769 - © 2007, Musée du Louvre / Raphaël Chipault


Les thérapeutes babyloniens étaient des adeptes de l’observation, notamment des symptômes des patients qu’ils notaient scrupuleusement. Ils ont laissé une longue liste de symptômes, connue sous le nom de Traité de diagnostics ; cet ouvrage n’offre qu’un faible aperçu de la classification des maladies, car les symptômes ne sont pas reliés aux maladies qui les génèrent mais aux parties du corps humain qui en sont affectées. Le Traité de diagnostics (auquel on n’a trouvé aucun pendant dans la médecine égyptienne) repose sur une méthode de collecte et d’analyse de données, même si le postulat de départ n’est pas conforme à notre conception du diagnostic.

Les textes thérapeutiques commencent par la description d’un symptôme, puis énumèrent les remèdes et les traitements destinés à l’éliminer mais pas nécessairement à guérir la maladie, la guérison relevant vraisemblablement du domaine des dieux. Les pratiques magiques et les incantations sont le fait d’un exorciste, tandis que le rôle du médecin consiste à traiter les symptômes. Dans les textes thérapeutiques, on trouve souvent la quantité ou le poids de chaque substance utilisée dans les préparations, ces indications reflétant probablement les proportions à respecter. Rien de comparable n’apparaît dans les textes d’incantation ni dans les rituels qui les accompagnent. L’association de plusieurs substances dans une préparation indique peut-être qu’on connaissait les effets de chacune d’elles et donc qu’on compensait les effets secondaires d’une substance en en ajoutant une autre à la préparation. Un des aspects importants de la pharmacologie babylonienne, qu’on retrouve ultérieurement dans la médecine grecque et arabe, fut l’utilisation d’une substance simple ou de préparations pouvant contenir jusqu’à 90 substances actives différentes.

La plupart des incantations sont censées éloigner la maladie voire la mort, mais la magie s’intéresse aux causes surnaturelles de la maladie – comme la vengeance d’un dieu en colère, un acte de sorcellerie ou le non-respect par le patient d’anciens tabous – et à leur conséquence, à savoir la perte de la protection divine contre les démons et la maladie. L’enseignement des textes magiques entre pour une large part dans le programme scolaire babylonien, et les bibliothèques babyloniennes comprennent toute une variété de textes magiques, essentiellement poétiques. Bien que la magie ait été conçue comme un moyen de modifier les effets des forces surnaturelles, ces textes sont destinés à modifier l’état psychologique du patient en diminuant son anxiété et ses peurs névrotiques.


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Calendrier astrologique aux signes zodiacaux
Tablette d’argile
H. : 11 cm ; L. : 19 cm
Uruk, époque séleucide ; début du IIe siècle avant J.-C.
Berlin, Vorderasiatisches Museum, VAT 7847 - © Olaf M. Tessmer / SMB - Vorderasiatisches Museum Berlin


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Calendrier zodiacal du signe de la Vierge (le « Sillon »)
Tablette d’argile (jointive avec VAT 7851)
H. : 11, 5 cm ; l. : 19 cm ; ép. : 3 cm
Uruk, époque séleucide ; début du IIe siècle avant J.-C.
Paris, Musée du Louvre, département des Antiquités Orientales, AO 6448 - © Photo RMN / Arnaudet / Schormans


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