Forum du Monde des Religions
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Arlitto
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Origine du mot "RELIGION" Empty Origine du mot "RELIGION"

Mar 1 Juin - 19:11
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Étymologie


Etymologie du mot religion   Le mot religion est dérivé du latin "religio" (ce qui attache ou retient, lien moral, inquiétude de conscience, scrupule) utilisé par les romains, avant Jésus Christ, pour désigner le culte des démons.


L'origine de "religio" est controversée depuis l'antiquité. Cicéron le dit venir de "relegere" (relire, revoir avec soin, rassembler) dans le sens de "considérer soigneusement les choses qui concernent le culte des dieux".   


Plus tard, Tertullien et Lactance voient son origine dans "religare" (relier) pour désigner "le lien de piété qui unit à Dieu".


Initialement utilisé pour le christianisme, l'emploi du mot religion s'est progressivement étendu à toutes les formes de manifestation sociale en rapport avec le sacré.


CQFD !


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Origine du mot "RELIGION" Empty Re: Origine du mot "RELIGION"

Mar 1 Juin - 19:12

 
Le Sens du mot religion dans le vocabulaire des institutions indo-européennes.
 
Ne  concevant pas cette réalité omniprésente qu’est la religion comme une  institution séparée, les Indo-Européens n’avaient pas de terme pour la  désigner. Dans les langues où une telle désignation apparaît, il est  d’un grand intérêt de retracer le processus de sa constitution.

Certains,  souhaitant étayer leur conception de la religion, font appel à  l’étymologie. « Religion » vient du latin « religio », « ce qui relie ».  Belle définition qui nous laisse imaginer un lien vertical avec la  divinité, tel un fil à plomb, et un lien horizontal avec nos frères en  religion, tel un niveau, laissant de côté le sens de « joug ».

Or,  le recours à l’étymologie ne peut être, tout au plus, que l’accent mis  sur un sens négligé ou oublié d’une notion sans préjudice pour son sens  au stade actuel de la langue. Croire à un sens « pur » des mots, comme  un retour à l’origine, avant toute corruption est, malheureusement, une  illusion.

Si  l’étymologie me ramène au latin, c’est qu’il n’existait pas de terme  antérieur dans une langue indo-européenne, équivalent de ce que nous  entendons comme « religion ».

En grec ancien, on trouve chez Hérodote (Ve siècle av. J.C), le terme « thréskeÍé » pour désigner le culte ou la piété, plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’un culte étranger.

«  Les Égyptiens, voisins de la Lybie, supportaient mal la « thréskeié »  (la réglementation) du sacrifice et en particulier l’interdiction de la  viande de vache. »

et un peu plus loin :

Les prêtres égyptiens « observent mille autres « thréskeias » ».

La définition du terme sera « suivre minutieusement des prescriptions religieuses ».

En fait, le mot s’éclipsera et ne sera de retour qu’avec Strabon (Ier siècle).

C’est  le terme le plus commode pour désigner un ensemble de croyances et de  pratiques cultuelles. Mais signalons qu’il désigne plutôt une « observance » qu’une « croyance ».

Il  faut comprendre la démarche du linguiste. Pour comprendre le système  d’une langue, il la regarde fonctionner. De là, il peut se constituer  une grammaire et un dictionnaire. Si je voulais étudier le français  contemporain, j’enregistrerais des Français en train de parler et je  cernerais la signification de tel mot d’après les contextes où il  apparaît. Cependant, je serai confronté à certains choix. La langue  écrite n’obéit pas toujours aux mêmes lois que la langue orale. La  langue orale change selon les contextes sociaux. A moins de faire  intervenir la notion de norme ou de « bon usage », la palette  d’utilisation du vocabulaire semble infinie. Le sens d’un mot défini par  le Larousse est-il plus fiable que celui, entendu sur le vif, utilisé  par un collégien dans la rue ou sur un terrain de jeu? Doit-on inclure  Montaigne, La Fontaine, Voltaire, Balzac ou Sartre dans notre étude  alors que l’écart historique se creuse au fil de l’énumération ?

En  Grec ancien, nous n’avons que des textes. Nous cherchons l’occurrence  de tel ou tel mot dans l’ensemble du corpus. Parfois, un linguiste de  cette époque a bien voulu examiner le sens de tel ou tel terme  particulier. Parfois un autre le contredit. Entre Hérodote et Strabon,  cinq siècles ont travaillé la langue. Les mots ont une histoire. Sans  doute une origine dans une langue mère antérieure. Mais pas en dehors de  leur emploi dans un discours réel, matériellement examinable. Pas en  dehors d’un parcours historique.

Le latin « Religio » est admis par toutes les langues occidentales comme source de « religion ». Les anciens ne sont pas unanimes sur la formation du mot. Cicéron fait dériver « religio » de « legere » soit « cueillir, rassembler » et Lactance de « ligare » soit « lier ».

Pour Cicéron (Ier siècle av. J.C):

«  Ceux qui reprenaient (« retractarent » ou reprendre un choix déjà fait)  diligemment et en quelque sorte rassemblaient (relegerent) toutes  les choses qui se rapportent au culte des dieux, ceux-là ont été  appelés « religiosi » de « relegere » (rassembler), comme « elegantes"  de « eligere » et « diligentes » de « diligere ». Tous ces mots ont, en  effet, le même sens de « legere » que « religiosus ». »

Pour Lactance (vers 315) , qui est chrétien, soulignons-le, c’est le « lien » de piété qui nous « relie » à la divinité.

Un changement historique et culturel a modifié la signification d’une notion et donc du terme qui la désignait.

Voici d’autres occurrences antérieures à Lactance : 

« Mets un terme, Calchas, à tes oracles « religiones » » Pièce d’Accius.

« Il m’invite à dîner, j’ai eu scrupule « religio fuit », j’ai voulu refuser » Comédie de Plaute.

Chrémis retrouve sa fille disparue mais hésite à la reconnaître :

« - Il me reste un scrupule qui me tourmente …

Tu mériterais toi avec ton scrupule « religio » d’être détesté. »

Pièce de Térence.

Ou

« Bien que la chose éveille un scrupule dans le cœur des gens. »

« Rem illam in religionem populo uenisse" (Gracchus)

ou

« Un fait qui pourrait induire à se faire scrupule de changer la place de certains cultes »

« Quod demouendis statu suo sacris religionem facere posset »

Tite-Live

Le dérivé « religiosus » prend le sens de « scrupuleux à l’égard du culte, se faisant un cas de conscience des rites »

Exemples :

« Est religieux (religiosus) ce qui en vertu d’une certaine « sanctitas » se trouve écarté et éloigné de nous » Aulu-Gelle

« Est religieux (religiosus) ce qu’il n’est pas permis aux hommes de faire, en sorte que, s’ils le font, ils semblent aller contre la volonté des dieux. » Festus

Nous retiendrons que « religio » est « l’hésitation qui retient » ou le « scrupule qui empêche » plutôt qu’un sentiment qui dirige vers une action ou qui incite à pratiquer un culte.

Quelques difficultés vont encore nous freiner pour expliquer « religio » par « ligare » (lier) .

Il n’existe pas d’abstrait « *Legio » correspondant à « ligare », alors qu’il y a « legio » pour « legere ». L’abstrait de « religare » est « religatio ».

« Il faut être « religens », non « religiosus (par rapport aux rites)» « Religentem esse oppotet , religiosus nefas » dit Nigidius Figulus soit : « il faut être prudent et non peureux ».

Comment comprendre ce passage au domaine religieux ?

« religere » c’est recollecter, reprendre pour un nouveau choix, revenir sur une démarche antérieure (= scrupule religieux).

Cela indique une disposition intérieure, subjective. 

D’un autre côté, l’explication de « religio » par « religare » (relier) apparaît à partir des écrivains chrétiens. 

« Le terme « religio » a été tiré du lien de la piété parce que Dieu se « lie » l’homme et l’attache par la piété. » Lactance

« lien » est utilisé au sens fort de « joug ».

Le lien de la piété, c’est la dépendance du fidèle vis-à-vis de Dieu, c’est une quasi-obligation qui caractérise la nouvelle foi pour le chrétien, ce qui la différencie des croyances antérieures. 

Fausse  historiquement, l’interprétation par « religare » (relier), inventée  par les chrétiens, est significative du renouvellement de la notion : la « religio » devient « obligation », lien objectif entre le fidèle et son Dieu.

Le terme « superstition » qui est opposé à « religion » a  suivi un destin parallèle. La superstition serait la forme exagérée du  sentiment religieux par rapport à une forme « normale ». 

En grec, l’équivalent de « superstitieux » serait « deisidaimonia » soit : « qui craint les « daimones » (les démons ou les dieux ???) » .

Ce  sentiment pouvant être estimé négatif ou positif selon les situations.  La complication des rites et l’influence de la magie sur ceux-ci ont pu  conduire à une évolution du sens vers le négatif. Les écoles  philosophiques plus intellectuelles ont pu privilégier pour un retour à  l’essence du religieux en réaction contre le formalisme des prêtres. 

En  latin, on saisit mal comment « super » « stare » (sans jeu de mots) qui  voudrait dire « être au-dessus », a pu conduire au sens de «  superstitieux ».

« superstes » signifie « survivant » ou « témoin »

« superstitiosus » signifie « devin » et « prophétique »

On  peut envisager qu’est « superstes » ou « survivant » ce qui survit,  reste, d’une vieille croyance, qui, à l’époque envisagée paraît  superflue. Ceci correspondrait plus à une attitude du XIXe siècle,  sociologique et positiviste, qui  permet de discerner dans la religion des « survivances » d’une époque  plus ancienne et qui ne s’harmonisent pas avec le reste.

Pour  donner une explication plus satisfaisante, nous dirons que « super  stare » (être au-dessus, être au-delà, se tenir par delà, subsister  au-delà) est la qualité d’avoir survécu (survivant) et de pouvoir en  témoigner (témoin). C’est une action tournée vers le passé et non vers  la prédiction de l’avenir. Le « superstitieux » est « doué de la vertu de superstitio ».  Il parle d’une chose passée comme s’il y avait vraiment été. Il a le  don de double vue. Il est « voyant ». « Superstitieux » fait partie de  la langue des devins. En linguistique, nous savons que c’est dans les  langages spécialisés que les mots acquièrent leur signification  technique. Un « voyant » est celui qui n’est pas aveugle, mais à la Fête  foraine, c’est Madame Irma. 

Le  christianisme a su donner un sens péjoratif à « superstition » en la  définissant comme « croyances religieuses méprisables » et en lui  opposant « religion ».

Pour un Romain éclairé, il fallait distingué la « religio » , le scrupule religieux, le culte authentique, de la « superstitio », forme dégradée, pervertie, de la religion. C’est  cette attitude que nous aurons en mémoire lorsque nous penserons à  l’étymologie de ces mots dont la signification fait enjeu. 

D’une  manière générale, nous serons vigilant chaque fois qu’une explication  par l’étymologie pure fera l’impasse sur l’histoire de la notion.


Sergeï

Pour une argumentation plus serrée, des références plus précises et des exemples dans la langue originale : 

Emile  Benveniste Le Vocabulaire des institutions indo-européennes tome 2  pouvoir, droit, religion aux éditions de minuit collection « le sens  commun ».


Benveniste  est l’auteur de référence en linguistique. Il faut recommander ses  Problèmes de Linguistique Générale chez Gallimard en particulier la  partie L’Homme dans la langue. 

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Origine du mot "RELIGION" Empty Re: Origine du mot "RELIGION"

Mar 1 Juin - 19:12
Parce  que le mot religion est trompeur, flou, que son emploi est  inflationniste ou s’essaie à la dénégation, ou bien parce qu’il désigne  seulement les confessions immatriculées, parce que souvent l’histoire  des mots, des sociétés et des cultures n’a pas droit de cité si c’est  ailleurs que l’Europe, parce que le delta "religion" est devenu un terrain vague marécageux, Régis Debray propose dans ce livre un autre mot, la communion.

Non sans revenir d’abord à ce mot "religion", qui est un carrefour étymologique,  écrit-il. Mot qui croise les registres du recueil et ceux de la  relation. Mot qui est à la fois un faux-ami et un mot valise donnant  l’impression qu’on sait ce qu’il transporte.

Notre tradition de pensée semble postuler qu’en amont de l’histoire il y a une Idée platonicienne de la religion, qui serait d’essence monothéiste. Idée,  souligne Régis Debray, qui semblerait idéaliste à un Chinois, un Indien  ou un Japonais étrangers à cette Idée selon laquelle si on a une  religion on ne pourrait pas en avoir une autre.

Pas de trace de "religion" dans nos textes sacrés, pas plus en sanskrit, où le mot "dharma" signifie "la voie", "l’enseignement", "l’obligation", qu’en hébreu où "dat" est un terme de droit politique emprunté au persan et signifie "jugement, décret", qu’en grec (où  le mot "religion" n’existe pas) où "thrèskeia" s’applique à des  observances de prescriptions cultuelles, qu’en arabe classique où "dîn"  veut dire "la dette" et plus largement ce dont on est obligé de s’acquitter, la créance, qu’en chinois, où[/size] "tao" signifie "la voie" et  indique à la fois la connaissance de la marche des choses et l’emploi  qui peut être fait de cette connaissance, et où "rujiao" la doctrine de  Confucius désigne un recueil de principes moraux et cosmologiques. Ce  qui, en chinois, ce rapprocherait de notre "religion" serait la notion  d’école, fondée sur l’enseignement des ancêtres, le "zônj-giao", en  japonais le "shû-kyö".

Les  chrétiens ont traduit par le même mot, "religion", de manière  approximative, tous ces termes. Or, l’absence d’équivalence n’est pas du  tout anodine !

Mais,  se demande Régis Debray, cette façon de faire, d’où vient-elle ? De  l’empiètement d’une civilisation triomphante sur des civilisations  vaincues, une sorte de détournement d’identité et de quiproquos de bonne  foi, comme si la régie romano-chrétienne autorisait, écrit Régis  Debray, à ignorer tous les autres scénarios qui se jouent ailleurs. Abus  de pouvoir. Or, l’espérance chrétienne d’une vie après la mort n’existe  pas par exemple dans la tradition hindoue où ce qui est à espérer n’est  pas la résurrection mais la disparition du corps et de l’âme  individuels, ni dans la doctrine bouddhique où la belle mort est la mort  définitive et sans lendemain. A côté de cet abus de pouvoir, Régis  Debray reconnaît à l’Occident le mérite d’une curiosité certaine envers  ses dominés et ses rivaux, et c’est une grandeur intellectuelle qui lui  est propre, qu’ignorent Chinois et Indiens. Mais, au lieu de tenter de  les voir tels quels par un dépaysement, une mise à distance, l’Occident  comprend là-bas avec les outils intellectuels d’ici.

L’islam, rappelle-t-il, n’est pas seulement une religion, mais aussi un droit, une politique, sans équivalent dans les Évangiles. Dans l’islam, droits, coutumes, usages, tout cela est inséparable de la religion.

Comment se fait-il donc que les croyances de la mosaïque humaine se soient indexées sur le christianisme, se  demande Régis Debray. C’est parce que cette secte chrétienne s’est  elle-même, par stratégie, romanisée, a choisi librement de se  représenter et de se proclamer en langue latine, en s’appropriant littéralement la mentalité et le vocabulaire romain, et pouvoir christianiser ce monde romain le moment venu. C’est-à-dire que le  christianisme n’est pas né comme une religion. Pensant en grec, langue  où le mot "religion" n’existait pas, il n’a pas grandi dans le moule  d’une religion.

A chaque stade du développement chrétien, on observe cet art de l’appropriation. Au  premier siècle, en milieu hébraïque, la secte chrétienne renverse  l’ordre de proclamation biblique en mettant l’homélie avant les  prophètes et les prophètes avant la Thora mais en gardant le souffle  prophétique d’empreinte juive, puis en milieu helléniste, au deuxième  siècle, elle a renversé la démarche philosophique de la raison en  démarche de foi en gardant l’élaboration métaphysique d’essence grecque,  et en milieu latin, au troisième et quatrième siècle, ce  mouvement figé en institution renverse le simple signe d’appartenance à  un État, une Cité, une Famille en un bloc de foi révélée et à jamais  déposée dans un corps mystique, l’Église, en gardant le juridique et le  politique. Dans le christianisme, il y a donc à chaque étape une  transmission et une subversion, où reste toujours quelque chose de  chaque phase, comme le coucou se met dans un nid étranger et y fait  couver ses œufs.

Cependant, insiste Régis Debray, pour donner des arguments en faveur de sa proposition d’un autre mot, la communion, le mot "religion" est romain. C’est une notion juridico-politique. Et au troisième millénaire nous adoptons encore les paramètres romains pour évaluer les croyances étrangères.

Or, le latin "religio" a pour premier sens "scrupule",  donc un sentiment subjectif, défini par Benveniste comme une hésitation  qui retient, un sentiment qui dirige vers une action ou qui incite à  pratiquer le culte, et par Dumézil comme un mot qui a fini par désigner  l’ensemble des rapports de l’homme avec l’invisible, mais qui signifie  d’abord le scrupule, c’est-à-dire l’arrêt, l’hésitation inquiète devant  une manifestation qu’il s’agit de comprendre pour s’y adapter.

Mot formé sur le verbe "releggere", signifiant "recueillir, recollecter", antonyme de "neg-ligere" , "négliger".

Et l’étymologie chrétienne : "religare", relier.


Donc, souligne Régis Debray, la  "religio" romaine c’est un ensemble ordonné de célébrations publiques,  ce ne sont pas des croyances, c’est un système juridique d’encadrement  des populations avec sa pyramide hiérarchique. Le mouvement chrétien a capté à son profit la substance organisationnelle de l’empire romain, ses règles canoniques. Et  l’institutionnalité sera intellectualisée, un arrière plan  eschatologique et moral sera rajouté à la notion juridico-politique.
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Origine du mot "RELIGION" Empty Re: Origine du mot "RELIGION"

Mar 1 Juin - 19:13
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L'étymologie du terme religion



Pas de trace de "religion" dans les textes sacrés

La  notion de "religio" et pas "religion", a été reprise par la chrétienté  entre le 2e et 4e siècle. Ils en ont changé presque complètement le  sens, l’ont introduite dans le monothéisme, l’ont transformée en  définition du christianisme, compris comme la vraie religion, et l’ont  universalisée comme type valable pour tous les hommes de tous les temps.


extrait tiré du site [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] d'un exposé D'Angèle de Foligno à Jean de la Croix par Michel Cazenav
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Origine du mot "RELIGION" Empty Re: Origine du mot "RELIGION"

Mar 1 Juin - 19:13
« La vérité vous affranchira »


Joseph Franklin Rutherford, le second président de la watchtower bible and tract society de 1869 à 1942.
page 79 : « Ce méchant "satan" s’empêtra alors dans les filets du mensonge et de la religion dont il fut l’inventeur. Par sa révolte il perdit la liberté des fils de Dieu, fut proscrit de l’organisation universelle de Jéhovah.


« Cette supercherie, présentée comme une précieuse révélation destinée à guider l’homme dans le droit chemin, et à lui enseigner la bonne manière d’adorer, n’était pas autre chose que l’introduction de la religion »


«Qui pourrait loyalement prétendre qu’une telle tendance à la déification de la créature n’émane pas de la religion, et que le diable n’en est pas le père ?
Ce système est appelé religion, parce qu’il n’est pas fondé sur la Parole de Dieu vivant, mais sur celle de la créature. »


Page (83)« Le mot religion est tiré du latin religio, lequel mot fut créé longtemps avant Christ par les païens latins d’Italie pour désigner leur démonolâtrie ou culte des démons » « la véritable adoration de Dieu en esprit et en vérité n’est pas une religion. »


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Mar 1 Juin - 19:14
C'est l'église catholique qui a imposé au monde, ce mot "religion" qui a été tiré d'un culte romain "RELIGIO".

 Histo :

 La religion (religio) romaine est une religion polythéiste qui comporte un ensemble complexe de croyances et d'actes rituels.

 Les Romains se disaient les plus religieux des hommes. En effet, le sentiment du sacré est omniprésent dans la vie publique comme dans la privée. Les dieux étaient présents dans tous les actes de la vie publique ainsi chaque réunion, chaque assemblée était précédée d'un rituel religieux pour obtenir l'accord des dieux.


 Au calendrier républicain, il y 45 jours de fêtes religieuses, les  fêtes fixes ( feriae stativae ) et mobiles ( feriae indictivae ). Elles ont pour objet des rites de sauvegarde. Le jour des Ides est consacré à Jupiter.
 

 Les prières, voeux et sacrifices: 

 Les prières sont faites tête couverte et tournée vers l'Est, touchant l'autel ou les genoux de la statue ( position du suppliant ). Le fidèle répète à haute voix les formules lues par le prêtre. Et la prière se termine par l'adoratio ( baiser envoyé de main gauche: oscula facere ) ou la prosternation ( supplicatio  ). Vota facere, suscipere, concipere: faire des promesses à un dieu,  bâtir un temple, célébrer des jeux, offrir des sacrifices, des dons, les  prémices des récoltes... Parfois on rédige le voeu sur une tablette de  cire attachée au genoux de la statue.


 On consultait également les augures pour interpréter les oracles. Les dieux pouvaient être tour à tour protecteurs ou ennemis, c'est pour cela que le respect des rituels, et la célébration des fêtes étaient  très importants, le but étant toujours de s'attirer la faveur des  dieux. Des prêtres permettaient le bon déroulement du rituel
 

 •Augure : observe la volonté des dieux à travers de signes comme le vol des oiseaux 

 •Flamine : prêtres attachés au culte d'une divinité particulière 

 •Haruspice : prêtre qui pratiquait la divination par l'examen des entrailles

 •Hirpi Sorani  : prêtres qui célébraient des rites, sur le Soracte, 

 •Luperques  : prêtre qui célébrait, à Rome, le culte de Faunus Lupercus

 •Pontife : prêtre chargés de fonctions très importantes. 

 •Vestale chargée d'entretenir le feu sacré 


 Avant le sacrifice, il y a libation ( libatio ):  on place sur la tête des victimes un gâteau préparée par les Vestales,  de miel et de farine salée ( mola salsa ): que l'on arrose de vin goûté  par le prêtre et l'assistance. Le sacrifice suit la prière et les voeux.  Celui qui offre le sacrifice a soin de se baigner et de revêtir une  robe blanche. Les animaux à immoler ( victima, gros bétail; hostia,  petit bétail ) doivent être sans tache. Ils sont ornés de bandelettes (  vittae ), leurs cornes sont dorées. Des serviteurs sacrés ( popae  ) les tiennent par une corne sans tirer pour qu'ils donnent  l'impression d'aller eux-mêmes au sacrifice. Et quand tout est prêt, un  serviteur, le victimarius demande au prêtre: " agone ". Le prêtre, la  tête couverte d'un pan de sa toge répond: " hoc age ". Le victimaire  immole la bête d'un coup de couteau ou de hache. 


 La bête dépecée, les haruspices examinent les entrailles ( exta )  cependant que les chairs sont partagées entre le prêtre, celui qui offre  le sacrifice et l'assistance. Si les exta ( le foie surtout ) font  bonne impression, on les brûle sur l'autel sinon le sacrifice est à  recommencer. Les pratiques exceptionnelles: La purification ( lustratio  ) au moyen d'une procession faisant trois fois le tour de l'objet à  purifier. Le sacrifice d'un porc, d'une brebis et d'un taureau ou  suovetaurilis suovetaurile termine la cérémonie. 


 La devotio et consecratio capitis:  ces pratiques ont pour objet de déclarer un individu sacer, c'est à  dire de le vouer aux dieux infernaux. La première est généralement une  promesse pour obtenir une faveur importante; et la seconde est une  condamnation religieuse ( entraînant condamnation civile: exil ou mort  avec confiscation des biens. ). 


 Le festin offert à la statue d'un dieu couchée sur un lit (lectisterne) ou assise sur un siège ( sellisterne ), surtout à celle de Jupiter ( epulum Jovis ), de Junon et de Minerve. La cérémonie est réglée par les Pontifes.

 Mais la religion romaine n'est pas statique, elle sait évoluée et accueillir les nouveaux cultes des peuples romanisés.
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Mar 1 Juin - 19:16
La fonction des augures étaient d'observer la volonté des dieux à travers de signes comme le vol des oiseaux.

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 Augure tenant le lituus 

 La tradition les fait instituer par Numa Pompilius. Mais elle fait passer pour augures Romulus et Rémus.  Ils sont entre neuf et quinze, sans chef supérieur. Ils délibéraient en  opinant par rang d'âge. Pas d'élection, ils se cooptaient entre eux.  Leurs fonctions étaient d'observer la volonté des dieux à travers les  signes et d'appliquer leurs observation aux actes importants de la vie  publique. Ils prenaient à part toutes les consécrations et les prêtres  n'entraient en charge qu'après une inauguratio  et ils ne pouvaient en sortir sans être ex augurés. Ils intervenaient  dans la consécration des temples, des champs, des vignobles. Ils étaient chargés de calmer la colère des dieux qui  se manifestaient par les diverses calamités censées être déchaînées par  leur humeur rancunière. Leur puissance était très grande. Si la  conjoncture de la consultation ne leur paraissait pas favorable, ils  pouvaient la différer sans en être empêchés par rien.

Rome aurait été fondée en -753 par Romulus, Romulus fonda la ville de Rome à l'emplacement du mont Palatin sur le Tibre le 21 avril 753 avant Jésus-Christ. Romulus et Rémus étaient les fils de Mars (unn dieu) et  de la vestale Rhéa Silva, elle-même fille de Numitor et petite-fille du  roi Procas. Son oncle Amulius s'empara du trône. Devenus adultes ,  Romulus et Rémus décidèrent de fonder une ville .
 
Après  avoir rétabli leur grand-père sur le trône de la puissante cité d'Albe,  les jeunes gens émigrèrent vers le Latium. Ils avaient projeté de  fonder Rome près du Tibre  à l'endroit où, bébés, ils avaient été abandonnés sur l'ordre de leur  grand-oncle, le roi Amulius, puis recueillis par la louve. Les deux  frères ne furent pas d'accord sur le site exact où ils devaient bâtir  Rome. Une dispute éclata entre les deux frères ; ils combattirent et  Rémus fut tué. Pour peupler cette nouvelle ville créée par des hommes  jeunes, Romulus et ses compagnons enlevèrent au cours des fêtes  inaugurales les filles d'un peuple voisin, les Sabines.

 
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Légende: la louve allaitant Romulus et Rémus.
  

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Statue de Romulus et Rémus au Vatican 
 
 

Musé du vatican - Rome - Italie   



the statue of Mithra 



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Mar 1 Juin - 19:17
Étymologie du mot, "religion".



Cicéron : les choses qui concernent le culte des dieux".   

Cicéron le dit venir de "relegere" (relire, revoir avec soin, rassembler) dans le sens de "considérer soigneusement les choses qui concernent le culte des dieux".  







Le mot religion est dérivé du latin "religio" (ce qui attache ou retient, lien moral, inquiétude de conscience, scrupule) utilisé par les romains, avant Jésus Christ, pour désigner le culte des démons.

Initialement utilisé pour le catholicisme, l'emploi du mot religion s'est progressivement étendu à toutes les formes de manifestation sociale en rapport avec le sacré.




CICÉRON
 
De la nature des dieux 
 
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Mar 1 Juin - 19:17
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"Religio/superstitio". Historique d'une subversion et d'un retournement

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Origine du mot "RELIGION" Empty Re: Origine du mot "RELIGION"

Mar 1 Juin - 19:18
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Il n'y a pas d'autre mot commun aux langues européennes pour "religion" que le latin "religio"


La « religio » des romains n’a que peu de choses à voir avec une religion monothéiste révélée. 



Il s’agit en réalité d’un ensemble de valorisations, de croyances, de rites, de fêtes et de traditions qui unifient l’Empire (et ceci bien avant que la forme dite impériale ne soit établie).

C’est ce qui permet à cet « Empire » de fonctionner par delà les races, les cultures et les superstitio, autrement dit les « religions » de chacun.

On doit à Cicéron un bon résumé de cette conception de la religio.

Il la présente comme ce que l’on appellerait aujourd’hui, au prix d’un anachronisme, la « citoyenneté », c’est-à-dire une participation active à la vie de la cité et à la définition du « bien commun ».

Cette définition de la religio est aux antipodes de notre définition de la religion. Clairement, il ne s’agit pas de la même chose.

En fait, l’étymologie du terme indique bien ce dont il s’agit. Le mot religio est bâti sur le modèle de « diligere ».

Le verbe « religere » signifie « élire » ou « choisir » ou encore « porter attention» et non pas tant dans le sens commun pris aujourd’hui par ces termes mais dans celui de scrupule ou de discrimination.

Il faudra attendre le Bas-Empire, pour qu’au IVème siècle après Jésus Christ un auteur chrétien, Lactance, donne à ce mot une autre étymologie : « religere » ou « relier » voir « rassembler ».

On a, alors, changé de registre parce que l’on a changé non pas seulement de croyance, mais de type de croyance avec l’irruption d’une religion révélée monothéiste.

Ainsi, au départ, dans le monde romain, la religio relève de l’affaire d’Etat qui permet de spécifier ce qui découle dans l’ « imperium » romain, du pouvoir sacré.

Avec la fin de la République cependant un changement majeur s’opère. Il est probable qu’il est rendu plus facile par l’horreur que provoque la guerre civile.

Auguste va s’approprier l’Auctoritas en se déclarant « Pontifex Maximus » (tout comme Jules César qui occupa cette fonction en son temps) en même temps que s’installe l’Empire.

Jacques Sapir





Quand on compare les langues indo-européennes, il n'y a pas de terme général, commun, pour désigner la religion même, le culte, le prêtre, les dieux personnels. 

Chaque peuple a ses croyances et ses cultes particuliers. La notion générale de "dieu" est attestée sous la forme deiwos (lumineux, céleste.) 

Le terrestre humain (homo en latin) s'oppose au céleste divin. 

Les notions de sacré (interdit au contact des hommes) et de saint (chargé de présence divine) sont aussi attestées. 

Mais tant que la religion n'a pas été constituée comme entité séparée, on n'a pas éprouvé le besoin de la désigner.

Le mot sanscrit dharma doit plutôt être traduit par "règle", et le slave vera par "croyance". 


En grec, le mot threskeia désigne le culte, la piété, l'observance des pratiques. Il est ancien, mais n'est utilisé pour désigner tout culte que vers le Ier siècle avant J-C.



Dans toutes les langues occidentales, c'est le latin religio qui s'est imposé.



Sa signification exacte dans l'antiquité est discutée. Cicéron le rattache à legere (cueillir, rassembler), et Lactance et Tertullien à ligare (lier).

Benveniste, s'appuyant sur des exemples tirés de la littérature latine, prend nettement parti pour la première étymologie.

Être religieux, c'est avoir un scrupule, s'inquiéter devant la sainteté d'une pratique, hésiter, ressentir un cas de conscience par rapport au culte. 

C'est une disposition subjective liée à un présage, une augure. 

Legere signifie recueillir, ramener à soi, reconnaître, se soucier de (par opposition à neg-ligo, la négligence). 

Ce sont les écrivains chrétiens qui ont introduit la prétendue étymologie religare, car le contenu de la nouvelle religion avait changé.

Un chrétien dépend de Dieu, il est lié à lui, il en accepte l'obligation - une notion très différente du scrupule subjectif.

idixa.net

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Ce mot, "religio", était utilisé par les Romains, avant Jésus Christ, pour désigner le culte des démons


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